Libye-France : les vols directs reprennent malgré les réserves sécuritaires

La Libye et la France renouent avec des liaisons aériennes directes après plus d’une décennie d’interruption.

Mecipsa Amokrane
4 min de lecture
Le drapeau libyen flotte au-dessus du centre-ville de Tripoli. (DR)
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La compagnie libyenne MedSky a effectué, le 17 septembre, son premier vol direct reliant Tripoli à Paris, avec une desserte également prévue depuis Benghazi. Cette reprise intervient dans un contexte de réouverture progressive de la Libye sur le plan aérien, mais alors que les risques sécuritaires continuent de peser sur le transport aérien.

Le premier vol de MedSky a décollé le 17 septembre de l’aéroport de Mitiga, à Tripoli, avant de rejoindre Paris-Charles-de-Gaulle puis l’aéroport de Benina, à Benghazi, selon des sources médiatiques. La compagnie prévoit ensuite une fréquence hebdomadaire au départ de Tripoli et une autre au départ de Benghazi.

La reprise permet ainsi de rétablir une liaison directe entre les deux pays après plusieurs années d’interruption. Elle doit également faciliter les déplacements pour les voyageurs libyens et français, tout en offrant une nouvelle possibilité de connexion avec l’Europe. L’ambassade de France en Libye a salué cette reprise, la présentant comme une étape positive dans le rétablissement des échanges entre les deux pays.

Une réouverture aérienne qui reste sous surveillance

Cette reprise intervient toutefois alors que les conditions de sécurité dans l’espace aérien libyen continuent de faire l’objet de restrictions et de recommandations spécifiques.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) maintient une zone de conflit concernant la FIR de Tripoli. Dans sa dernière révision, publiée en juillet 2026, elle estime que la situation sécuritaire libyenne reste volatile, notamment en raison de la présence de groupes armés et de la possibilité d’affrontements localisés. L’agence considère notamment que le risque demeure élevé à basse et moyenne altitude, tandis que l’espace situé au-dessus du niveau de vol 320 présente un niveau de risque jugé moyen.

La position française sur les déplacements en Libye reste elle aussi particulièrement prudente. Dans ses recommandations mises à jour le 15 septembre, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement les déplacements dans la majeure partie du pays, y compris à Tripoli. Benghazi et Misrata sont, de leur côté, déconseillées sauf raison impérative. Le ministère évoque notamment les risques liés aux affrontements entre groupes armés, à la criminalité et aux enlèvements.

Le précédent du survol de la Libye

La reprise des vols directs intervient quelques mois après une autre évolution dans le secteur aérien français. Depuis la fin mars 2026, les compagnies françaises ont été de nouveau autorisées à emprunter certaines routes traversant l’espace aérien libyen.

Cette décision avait suscité des réserves parmi des personnels navigants d’Air France. Des représentants syndicaux avaient notamment alerté sur les risques liés à la situation sécuritaire persistante en Libye, alors que le survol du pays était auparavant soumis à des restrictions.

La reprise du survol n’a toutefois pas signifié une ouverture sans conditions. Les autorités françaises ont encadré les opérations à travers des restrictions et des analyses de risques. Un document de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) publié en juin maintenait notamment des restrictions sur l’espace aérien libyen et imposait une analyse robuste des risques avant toute pénétration dans certaines zones.

Cette situation illustre le paradoxe de la reprise des liaisons avec la France : la connectivité aérienne se renforce, mais elle progresse dans un environnement où les autorités et les acteurs du transport continuent de prendre en compte un risque sécuritaire spécifique.

Pour la Libye, la reprise de ces liaisons constitue néanmoins un nouveau signe de rétablissement de ses connexions aériennes internationales, après des années de perturbations liées à l’instabilité politique et sécuritaire.

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