Skytrax 2026 : l’aéroport d’Alger et Air Algérie recalés, le hub continental reste un mirage

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Un avion A330 d'Air Algérie sur le tapis roulant de l'aéroport international Houari Boumediene d'Alger, devant l'un des agents au sol. Selon le rapport Skytrax 2026, la compagnie et la plateforme aéroportuaire restent toutes deux certifiées 3 étoiles.

Le palmarès Skytrax des compagnies aériennes, dévoilé le 18 septembre 2026, confirme un diagnostic qui ne surprend plus grand monde dans le secteur : ni Air Algérie ni l’aéroport international Houari-Boumediene ne figurent parmi les références de leur catégorie sur le continent.

Plus de deux ans après une nouvelle direction à la tête de la plateforme aéroportuaire, l’ambition affichée de faire d’Alger un hub Afrique-Europe-Asie reste, sur le papier des évaluateurs britanniques, “une promesse non tenue”.

Air Algérie, absente du Top 100 mondial

Dans le classement mondial des cent meilleures compagnies aériennes, Air Algérie ne figure pas — pas plus qu’elle ne se hisse dans le Top 10 africain, dominé par Ethiopian Airlines, devant EGYPTAIR et Air Maurice. À ce stade, sept compagnies africaines sont présentes dans le top 100 mondial (Ethiopian Airlines (36), EGYPTAIR (46), Air Mauritius (52), Royal Air Maroc (58), RwandAir (62), South African Airways (72) et Kenya Airways (90)).

La compagnie nationale conserve sa certification 3 étoiles, une note inchangée depuis plusieurs années, qui la classe dans la catégorie intermédiaire des transporteurs Skytrax. Le rapport pointe “une irrégularité persistante dans le service du personnel”, en cabine comme au sol, “un système de divertissement en vol à la traîne”, et des correspondances jugées “peu convaincantes” sur son propre hub d’Alger.

Sur le strict plan matériel, la flotte long-courrier moderne — les A330 récents en particulier — obtient un satisfecit sur le confort des sièges, preuve que l’investissement des dernières années n’a pas été vain, notamment avec la commande de 10 Airbus A330-900neo, dont 4 ont déjà été livrés. Mais un avion neuf ne suffit pas à faire une compagnie 4 étoiles si l’expérience passager, de l’enregistrement à la correspondance, ne suit pas.

L’aéroport d’Alger, 3 étoiles malgré le nouveau terminal

Le constat est similaire côté infrastructures. L’aéroport international Houari-Boumediene n’apparaît ni dans le Top 100 mondial des aéroports, ni dans le Top 10 africain — occupé par Le Cap, Johannesburg, Marrakech, Durban, Casablanca, Le Caire et l’île Maurice. L’aéroport algérien conserve, lui aussi, sa notation 3 étoiles.

L’ouverture du Terminal Ouest, le T4, dimensionné pour 22 millions de passagers annuels, a certes désengorgé les flux et gagné en espace ; la direction de la SGSIA, la société qui gère la plateforme, revendique d’ailleurs s’en approcher progressivement. Mais les évaluateurs relèvent ce que tout voyageur régulier connaît déjà : une offre commerciale et de restauration étroite, même avec l’inauguration du nouveau espace Duty Free, Horizon, des temps d’attente aux contrôles frontaliers qui varient fortement selon les créneaux, et un accueil des passagers qui reste, au mieux, perfectible.

L’Égypte et le Maroc creusent l’écart

La comparaison régionale est sans appel. EGYPTAIR décroche la 2ᵉ place africaine et le titre de compagnie la plus progressiste du continent en 2026 — une reconnaissance de trajectoire, pas seulement de rang. Royal Air Maroc, certifiée 4 étoiles, se maintient en 4ᵉ position africaine, année après année. Air Algérie et Tunisair, elles, restent hors du Top 10 continental, cantonnées à leur 3 étoiles.

Côté aéroports, Marrakech-Ménara (3ᵉ), Casablanca-Mohammed V (5ᵉ) et Le Caire (6ᵉ) trustent les places d’honneur africaines. Le Maroc, en particulier, a fait de son maillage aéroportuaire un argument de sa stratégie touristique et la refonte de Marrakech s’inscrit dans un plan national baptisé Airports 2030.

Une gouvernance qui cherche encore ses marques

L’explication des indicateurs du rapport de Skytrax ne tient pas qu’à la seule qualité de service. Elle renvoie aussi à une gouvernance longtemps erratique. Entre 2021 et 2024, Air Algérie a connu trois PDG en moins de trois ans — Bekhouche Allache limogé, Lamine Mesraoua par intérim, puis Yacine Benslimane écarté après dix-huit mois seulement.

Depuis février 2024, Hamza Benhamouda, ancien directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile, occupe le poste de façon continue et pilote une restructuration en holding censée professionnaliser le groupe. Reste que les effets de cette stabilisation, si elle se confirme, n’apparaissent pas encore dans la notation Skytrax ou dans les autres notations.

Côté aéroport, le climat n’a pas été plus serein. Mokhtar Saïd Mediouni a pris la tête de la SGSIA le 19 février 2024, en remplacement de Mohamed-Salah Kouache. Sa nomination avait suscité la controverse : ancien militaire reconverti en commentateur politique sur une chaîne privée, il ne disposait d’aucune expérience préalable dans l’aviation civile — un profil largement questionné lors de sa nomination.

Deux ans plus tard, ses annonces sur la numérisation, l’extension des capacités et l’ambition d’un « hub africain de référence » n’ont pas encore trouvé de traduction dans la réalité ni dans les classements internationaux.

Un hub qui reste à construire

Le rapport Skytrax 2026 ne condamne ni la compagnie ni l’aéroport à l’immobilisme : les investissements en équipements et en infrastructures existent, le trafic progresse, même si certaines annonces de nouvelles destinations régionales ou continentales restent dans leur statut de promesses et l’ambition d’Air Algérie qui vise près de dix millions de passagers cette année attend une confirmation.

Toutefois, la note 3 étoiles, reconduite d’année en année pour les deux entités, dit une chose simple : Construire un hub continental suppose une continuité de gestion et une expérience passager cohérente sur la durée — deux conditions qu’Alger peine encore à réunir simultanément.

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