Les prix du poulet vivant poursuivent leur chute en Algérie, plaçant de nombreux éleveurs dans une situation financière critique. En ce samedi 11 juillet, les cours enregistrent un nouveau recul, alimentant les inquiétudes des professionnels de la filière avicole qui redoutent des conséquences durables sur leur activité.
Dans les poulaillers, les prix de vente en gros du poulet vivant oscillent actuellement entre 185 et 200 dinars le kilogramme. Sur les marchés de détail, les consommateurs peuvent acheter le poulet vivant entre 240 et 260 dinars le kilogramme, soit des niveaux rarement observés ces derniers mois.
Cette baisse est particulièrement marquée. Les prix affichent un recul de 30 à 40 dinars par kilogramme par rapport à la fin du mois de juin. La comparaison avec le mois d’avril est encore plus frappante puisque le poulet vivant a perdu près de 100 dinars par kilogramme en seulement quelques semaines.
La tendance est également visible chez les bouchers. Le poulet déplumé est désormais proposé à partir de 350 dinars le kilogramme, offrant un soulagement aux consommateurs mais accentuant les difficultés rencontrées par les producteurs.
Une offre abondante face à une demande en forte baisse
Cette chute des prix s’explique principalement par un déséquilibre important entre l’offre et la demande. La production de poulet continue d’augmenter alors que plusieurs grands consommateurs institutionnels ont suspendu leurs achats avec le début des vacances d’été.
La fermeture des restaurants scolaires, des restaurants universitaires ainsi que des centres de formation professionnelle a fortement réduit la consommation de viande de volaille. Ces établissements représentent habituellement un débouché majeur pour les éleveurs et les grossistes.
Dans le même temps, la demande saisonnière des restaurants et des établissements touristiques n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Les professionnels rappellent que les déplacements massifs vers les stations balnéaires et l’affluence estivale commencent généralement à partir de la seconde moitié du mois de juillet. Cette période de transition provoque ainsi un important excédent d’offre sur le marché.
Les aviculteurs vendent à perte
Pour les éleveurs, la situation devient particulièrement préoccupante. Selon un aviculteur exerçant dans la commune de Béni Maouche, dans la wilaya de Béjaïa, le coût de revient d’un kilogramme de poulet varie actuellement entre 240 et 270 dinars, selon les caractéristiques de chaque exploitation.
Avec des prix de vente en gros compris entre 180 et 200 dinars, les producteurs enregistrent ainsi une perte moyenne pouvant atteindre 70 dinars par kilogramme.
« Nous fonctionnons à perte. Avec ces prix, nous allons tous perdre notre capital », alerte cet éleveur, qui estime que la filière traverse une période particulièrement délicate.
Notre interlocuteur conserve néanmoins une lueur d’espoir. Selon lui, le démarrage effectif de la saison estivale, l’augmentation de la fréquentation des restaurants ainsi que la reprise des fêtes de mariage pourraient stimuler la demande au cours des prochaines semaines. Cette évolution permettrait de rééquilibrer le marché et d’offrir aux aviculteurs des prix plus conformes à leurs coûts de production, condition indispensable à la pérennité de la filière avicole en Algérie.


