Saïd Sadi, figure du mouvement démocratique et du mouvement berbère en Algérie et au Maghreb, s’apprête à regagner le pays après sept années d’absence. L’ancien président du RCD, retiré officiellement de la vie politique depuis 2018, doit redescendre sur le tarmac de l’aéroport international d’Alger le 31 juillet à midi, confirment à Maghreb Émergent des sources proches de Saïd Sadi, avant de retrouver son village natal d’Aghribs.
Selon les mêmes sources, un accueil de la population sera organisé le lendemain, 1er août, au centre du village d’Aghribs, autour d’un repas de bienvenue. À 16h, le rendez-vous est fixé avec une chorale enfantine, suivie de chants de femmes et de prises de parole des invités. Ce programme pourrait toutefois être ajusté, le comité d’organisation poursuivant ses préparatifs afin d’assurer le bon déroulement de l’événement.
Les conditions d’un départ en pleine effervescence politique
Saïd Sadi avait quitté l’Algérie le mois de mai de l’année 2019, alors que le Hirak battait son plein et que la répression ciblait de nombreux militants et opposants. Installé en France, plus précisément à Marseille, il s’est consacré à la rédaction de ses mémoires. Il en a publié cinq tomes, et c’est au cours de la préparation du cinquième tome que la décision de son retour au pays a été prise.
En plus des cinq ouvrages (La guerre comme berceau (1947–1967), La fierté comme viatique (1967–1987), La haine comme rivale (1987–1997), Le pouvoir comme défi (1997–2007), L’Histoire comme miroir (2007–2019)) regroupant ses mémoires, Saïd Sadi a donné plusieurs conférences et animé des débats sur la situation politique en Algérie, notamment avec la diaspora en France et au Canada. Certaines de ses prises de position ont suscité de vives polémiques. Il était souvent amené à croiser le fer avec des activistes du MAK et avec des islamistes restés figés sur les paradigmes des années 1990.
Sa dernière publication sur les réseaux sociaux est une invitation à tous les acteurs de sa génération, et à ceux qui les ont précédés, à une « retraite féconde ».



