L’incertitude règne au Mali après les attaques coordonnées du 25 avril 2026 qui ont visé Bamako, Kati, Kidal et d’autres localités stratégiques, faisant des dizaines de victimes dont le ministre de la Défense, le général Sadio Camara.
Les autorités maliennes maintiennent que la situation sécuritaire est sous contrôle, comme l’affirment leurs communiqués officiels des 26 et 27 avril, avec des visites aux blessés et un deuil national décrété. Les réactions internationales, notamment celle de l’Algérie, soulignent une inquiétude croissante face à cette escalade impliquant le JNIM et le FLA, qui revendiquent des succès tactiques.
Point de situation
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga et le président du CNT, Malick Diaw, ont visité les blessés de l’attaque de Kati le 27 avril au CHU Pr. Bocar Sidy Sall. Des images de leur déplacement sont diffusées sur la page Facebook du gouvernement malien, condamnant les actes “lâches et barbares” et saluant le personnel médical. Selon la même source, la majorité des victimes ont regagné leur domicile, les cas graves sont pris en charge et des abris temporaires sont prévus pour les sinistrés.
Par ailleurs, le gouvernement a publié un communiqué faisant état du “décès tragique du Général de Corps d’Armée Sadio Camara, Ministre d’État, Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Le communiqué précise les conditions qui ont conduit à la mort du général Camara : “un véhicule piégé, conduit par un kamikaze, a visé la résidence dudit Ministre, qui a engagé des échanges avec des assaillants, dont il a réussi à neutraliser certains”.
Selon le même communiqué, l’effondrement de la résidence du chef militaire a causé d’autres victimes et la destruction d’une mosquée à proximité, ayant entraîné la mort de certains fidèles qui étaient à l’intérieur.
Assimi Goïta, disparu depuis les attaques, réapparaît symboliquement : “sur décision de Son Excellence le Général d’Armée, Assimi Goïta, feu le Général de Corps d’Armée Sadio Camara aura droit à des funérailles nationales”, indique le communiqué du gouvernement, tandis que plusieurs médias évoquent le chef de la junte malienne en pleine négociation de sa sortie.
Le JNIM (affilié à Al-Qaïda) et le FLA (indépendantistes touaregs) ont revendiqué une alliance inédite pour ces attaques simultanées à Bamako, Kati, Gao, Sévaré et Kidal, visant des positions stratégiques de la junte. Le FLA annonce avoir pris le contrôle de Kidal, tandis que le JNIM parle d’opérations coordonnées réussies contre l’armée malienne.
Réactions internationales
Cette dégradation de la situation au Mali n’a pas manqué de faire réagir de nombreuses capitales étrangères. L’Union européenne a condamné fermement les “attaques terroristes” et réaffirmé son engagement contre le terrorisme. La France et d’autres partenaires suivent avec “inquiétude” la situation, notant un “coup très dur” pour la junte.
Les États-Unis, de leur côté, qualifient ces actes d'”inacceptables” et réaffirment leur soutien au peuple malien face au terrorisme. L’ONU, via Antonio Guterres, condamne fermement les violences et appelle à une “réponse internationale coordonnée” pour protéger les civils et stabiliser le Sahel. La Chine, pour sa part, dénonce “avec la plus grande fermeté” ces attaques, exprimant ses condoléances et son opposition au terrorisme.
Aussi, la Russie condamne les attaques et exprime sa solidarité avec Bamako, dans la continuité de sa coopération militaire via Africa Corps. Rappelons que le Front de libération touareg a annoncé avoir conclu un accord avec les unités de cette force russe, qui s’est retiré de Kidal sans affrontements.
Si la Turquie s’inscrit dans le soutien général des partenaires africains et internationaux au Mali, le Maroc lui suit les événements “avec préoccupation” et condamne les actes, tandis que le Sénégal et l’Union africaine mettent en avant les dangers pour les civils et la région.
Réaction de l’Algérie
Voisin du Mali dont il partage une longue frontière, l’Algérie a exprimé ses préoccupations face aux “développements dangereux” que connaît la République du Mali. Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a réaffirmé aujourd’hui devant les médias la position “claire et constante de l’Algérie et son soutien à l’unité du Mali, territoire, peuple et institutions”.
Il a également rejeté “catégoriquement toutes les formes et manifestations du terrorisme, qui ne peut être justifié ni toléré, quels qu’en soient les motifs ou les causes”. Une position dictée par “l’expérience douloureuse de l’Algérie face à ce fléau”, a-t-il ajouté.


