La liste des pays fournisseurs de moutons à l’Algérie continue de s’allonger à l’approche de l’Aïd El-Adha 2026. Mardi 12 mai, un cinquième pays a officiellement rejoint les fournisseurs engagés dans le programme exceptionnel d’importation décidé par les autorités algériennes afin de stabiliser le marché national et renforcer l’offre en bétail.
Il s’agit de la Croatie, désormais intégrée au dispositif d’approvisionnement de l’Algérie en moutons destinés au sacrifice de l’Aïd. Selon les informations communiquées par les autorités portuaires, le navire Mariona a accosté mardi au port de Skikda avec une cargaison de 7 940 têtes d’ovins importés depuis la Croatie.
Le déchargement de cette nouvelle cargaison intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le marché national du mouton. Les autorités cherchent ainsi à accélérer la cadence des importations afin d’atteindre l’objectif fixé par le président de la République, à savoir l’importation d’un million de têtes avant l’Aïd El-Adha.
Avec l’arrivée de la Croatie, le nombre de pays fournisseurs officiellement opérationnels passe désormais à cinq. Avant cela, l’Algérie avait déjà lancé des opérations d’importation depuis l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay.
La Roumanie figure actuellement parmi les fournisseurs les plus actifs. Le port de Béjaïa a notamment accueilli mardi 12 mai le navire OMEGA STAR chargé de 20 000 moutons roumains. D’autres cargaisons en provenance de ce pays européen ont également été réceptionnées dans plusieurs ports algériens ces dernières semaines.
L’Espagne reste également un partenaire important dans cette opération exceptionnelle d’importation. Sa proximité géographique avec l’Algérie facilite les rotations maritimes et réduit les délais logistiques. Le Brésil et l’Uruguay, quant à eux, permettent d’élargir les sources d’approvisionnement afin de limiter les risques liés à la concentration des importations sur un nombre réduit de marchés.
Cette diversification des fournisseurs répond à un objectif stratégique clair : accélérer les importations dans un délai relativement court avant la fête de l’Aïd. Les autorités tentent ainsi d’éviter les tensions sur le marché et de contenir la flambée des prix enregistrée depuis plusieurs mois.
Toutefois, malgré l’intensification des arrivages, l’objectif du million de têtes apparaît encore difficile à atteindre dans les délais prévus. Selon les estimations disponibles, l’Algérie aurait importé jusqu’à présent entre 23 et 25 % seulement du programme global annoncé.
Plusieurs facteurs compliquent l’opération. Les capacités logistiques restent limitées dans certains ports. Le transport maritime international connaît également des perturbations importantes. À cela s’ajoutent les tensions sur les marchés mondiaux liées à la guerre au Moyen-Orient, qui affectent les chaînes d’approvisionnement et augmentent les coûts du fret.
La flambée des prix des moutons locaux se poursuit
Sur le terrain, les effets de ces importations massives ne se reflètent pas encore sur les prix des moutons locaux. Dans plusieurs marchés à bestiaux du pays, les tarifs poursuivent leur hausse à quelques semaines de l’Aïd El-Adha. Certains moutons atteignent même des niveaux record, dépassant largement les capacités financières de nombreux ménages.
Les éleveurs invoquent notamment la hausse des coûts de l’alimentation animale, du transport et des charges d’élevage. De leur côté, les consommateurs espèrent que l’accélération des importations permettra progressivement de détendre le marché durant les prochaines semaines.


