À Kazan, capitale de la République russe du Tatarstan, le rendez-vous annuel entre Moscou et le monde islamique tient salon depuis le début de la semaine. Délégations officielles, dirigeants d’entreprises, universitaires venus de plus de 90 pays, l’édition 2026 du forum confirme son statut de plateforme privilégiée pour les échanges entre la Russie et les économies de l’Organisation de la coopération islamique. L’Algérie y est représentée par Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des start-up et des micro-entreprises, selon un communiqué de son département.
Le ministre a pris part à deux sessions de dialogue de haut niveau, dont la première portait sur l’économie numérique et les technologies de l’information et de la communication. Il y a déroulé l’argumentaire désormais classique d’Alger sur ses atouts : une démographie jeune, des compétences en formation continue, une infrastructure en cours de modernisation et un environnement d’investissement qu’il a présenté comme ouvert aux acteurs du numérique. Le ministre a insisté sur un segment précis. Les centres de données.
Le développement des grands data centers, a-t-il fait valoir, devient une priorité stratégique au regard de l’expansion accélérée des usages liés à l’intelligence artificielle. Noureddine Ouadah a plaidé pour des partenariats stratégiques bâtis sur l’innovation et le transfert de technologie, une formule qui revient régulièrement dans les déclarations algériennes sur la coopération internationale en matière numérique.
Une relation ancienne
La seconde session a porté sur la coopération scientifique et technologique avec la Russie. Le ministre y a rappelé la profondeur historique des liens entre les deux pays, en évoquant le rôle joué par les enseignants et ingénieurs russes dans les universités algériennes depuis l’indépendance. Il a salué le nombre important de bourses accordées aux étudiants algériens dans les établissements supérieurs russes, en y voyant le socle d’une relation à reconduire dans le champ technologique.
L’intervention s’est conclue sur une proposition opérationnelle. Le ministre a évoqué la possibilité d’étudier la mise en place de mécanismes de financement et d’accompagnement dédiés aux start-up du monde islamique, une piste qu’il présente comme une voie concrète pour traduire le rapprochement Russie-OCI en projets industriels et technologiques tangibles.
Le forum de Kazan, lancé en 2009 sous le nom de KazanSummit, est devenu en moins de deux décennies l’un des principaux canaux par lesquels Moscou tente de consolider ses relations économiques avec les pays musulmans. Dans le contexte des sanctions occidentales qui frappent l’économie russe depuis 2022, la place accordée aux délégations étrangères et la liste des accords signés à l’issue de chaque édition sont considérés comme un indicateur de la capacité de la diplomatie russe à élargir ses partenariats hors du périmètre occidental.


