Paul Marz : « l’Algérie s’impose parmi les leaders de la plasturgie en Afrique »

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Paul Marz, directeur générale du salon Plast & Printpack,

Présent à Alger à l’occasion de la 10e édition du salon Plast & Printpack, Paul Marz, Directeur général de l’événement, dresse un bilan positif de cette édition marquée par une forte affluence et une participation internationale record. Avec plus de 300 exposants venus de 22 pays, le salon confirme son rôle dans le développement de la plasturgie et de l’emballage en Algérie.

Au-delà des chiffres, il met en lumière un enjeu central: le recyclage. Un secteur en pleine évolution, mais encore freiné par un cadre réglementaire jugé contraignant. Dans cet entretien, il revient sur les avancées du marché algérien, les attentes des industriels et les perspectives d’ouverture à l’international.

  ME : Nous entamons la troisième journée de cette 10ème édition de Plast & Printpack Alger. Quel premier bilan pouvez-vous dresser concernant la participation et l’organisation cette année ?

   Paul Marz : Nous sommes extrêmement satisfaits. Cette édition est véritablement historique. Pour situer le contexte, nous avons lancé ce salon à Alger en 2008, et pour cette 10ème édition, nous accueillons 303 exposants venus de 22 pays différents. C’est, à ce jour, la plus grande édition que nous n’ayons jamais organisée. Sur le plan de l’organisation et du design, les retours sont impressionnants, mais ce sont les chiffres de fréquentation qui témoignent le mieux de cette dynamique.

  M.E : Justement, concernant l’affluence, avez-vous atteint les objectifs fixés ?

  P.M : Nous avons largement dépassé nos attentes. Historiquement, sur les dernières années, nous tournions autour de 5 000 visiteurs sur l’ensemble des trois jours. Cette année, en seulement deux jours, nous avions déjà atteint les 5 500 visiteurs. Avec cette troisième journée, nous prévoyons de dépasser les 7 000, voire d’atteindre les 8 000 visiteurs. Cela démontre que l’industrie de la plasturgie, de l’emballage et de l’impression est sur une trajectoire de croissance très solide en Algérie.

   M.E : Quelles sont les grandes nouveautés technologiques ou les secteurs qui se sont démarqués lors de ce salon ?

   P.M : La grande thématique de cette année est sans conteste le recyclage et l’économie circulaire. C’est un domaine qui prend une importance croissante. Nous avons de nombreux exposants qui présentent des machines dotées des dernières technologies mondiales en la matière. De plus, le caractère international s’est renforcé avec la présence de pavillons officiels de l’Allemagne, de l’Autriche, de l’Italie et de la Chine.

  M.E : Vous avez mentionné le recyclage. Pourtant, on a souvent l’impression que c’est un secteur encore peu valorisé en Algérie. Quels sont les obstacles à une exploitation optimale des déchets plastiques ?

   P.M : Le secteur est déjà en partie valorisé, car le recyclage existe bel et bien en Algérie. Cependant, le frein majeur aujourd’hui est d’ordre législatif. Actuellement, la loi interdit l’utilisation de plastique recyclé pour les emballages de produits alimentaires ; ces derniers doivent être fabriqués à partir de plastique 100 % vierge. En Europe, par exemple, l’utilisation de plastique recyclé dans l’alimentaire est déjà autorisée et deviendra même une obligation partielle dans quelques années.

  M.E :  Pensez-vous que c’est un manque de savoir-faire technique ou purement un problème de loi ?

P.M : C’est avant tout un problème de législation. Les entreprises algériennes sont prêtes : elles ont le savoir-faire, elles possèdent déjà les machines et sont disposées à investir massivement. Si la loi change pour permettre l’incorporation de matières recyclées dans l’emballage alimentaire, le marché changera du tout au tout et prendra une valeur considérable. Nous espérons que d’ici un an ou deux, cette évolution sera possible, accompagnée d’un système de collecte plus performant permettant aux recycleurs de mieux exploiter les gisements de déchets.

  M.E : Quelle est votre vision pour le développement de ce salon et de l’industrie algérienne dans les années à venir ?

P.M : L’Algérie s’est imposée comme l’un des plus grands investisseurs dans les secteurs de la plasturgie et de l’emballage en Afrique, aux côtés de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. Nous croyons fermement que ce développement va se poursuivre. Pour l’année prochaine, nous prévoyons déjà de déménager vers un nouveau pavillon plus moderne ici à la SAFEX, ce qui permettra de professionnaliser encore davantage l’événement.

   M.E : Le groupe organise également des salons dans d’autres régions. Les entreprises algériennes y sont-elles conviées ?

P.M : Absolument. Les sociétés algériennes ont un véritable savoir-faire à exporter. Nous avons déjà eu, par le passé, un pavillon officiel algérien sur notre salon au Ghana. Nous encourageons vivement les acteurs algériens à participer à nos autres éditions en Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Nigeria, Éthiopie) mais aussi au Moyen-Orient, comme en Irak ou en Iran. Elles y sont les bienvenues et nous espérons en voir de plus en plus à l’avenir.

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