Pétrole : le WTI repasse au-dessus du Brent pour la première fois depuis 2011

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Le brut texan reprend l'avantage sur le Brent : une inversion de cours inédite depuis quinze ans, portée par la ruée vers les barils accessibles hors détroit d'Ormuz.

A la clôture des marchés vendredi, le cours du pétrole affichait un signal que les traders n’avaient plus vu depuis quinze ans : le WTI américain à 112,06 dollars, le Brent à 109,03 dollars. Trois dollars d’écart, en faveur du brut texan.

Avant 2011, le WTI s’échangeait traditionnellement à une prime par rapport au Brent, en raison de sa qualité supérieure. La révolution du schiste avait ensuite créé un engorgement local à Cushing, déprimant le WTI et faisant du Brent le benchmark mondial de référence. Depuis lors, le brut texan n’avait jamais retrouvé le dessus de façon durable.

“Alors que le Brent reflète les préoccupations générales d’approvisionnement mondial, le WTI est actuellement le principal vecteur utilisé par les traders pour parier sur la durée de l’implication américaine dans le conflit iranien”, explique Art Hogan, stratégiste en chef chez B. Riley Wealth.

En fait, le brut américain est accessible, peut circuler, être chargé et livré sans transit par le détroit d’Ormuz. Quand les voies maritimes sont contraintes, les benchmarks terrestres peuvent temporairement prendre la tête. Le Brent, lui, reste sensible aux déclarations de Trump, dont les posts sur Truth Social ont provoqué trois corrections brutales en moins d’un mois.

Le Sahara Blend indexé sur le mauvais benchmark

Pour l’Algérie, l’inversion a une portée directe. Le Sahara Blend est indexé sur le Brent, pas sur le WTI. Si le benchmark européen reste sous pression des déclarations présidentielles pendant que le brut américain s’envole sur le physique, les revenus de Sonatrach risquent d’être moins généreux que ne le laisse supposer l’affichage des cours. Comme le soulignait notre analyse sur la volatilité du Brent face aux déclarations de Trump, la vulnérabilité des recettes budgétaires reste entière, dans un budget construit sur une hypothèse de 60 dollars le baril qui appartient déjà à un autre cycle.

Lors de sa conférence du 3 avril, Trump n’a fourni aucune “ligne de vue” sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Le marché a pris acte.

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