Chaque été, les départs clandestins reprennent de l’ampleur sur les côtes algériennes. Malgré les dangers de la traversée, des embarcations quittent presque quotidiennement plusieurs wilayas du littoral avec des dizaines de candidats à l’émigration.
Le risque est immense, mais il n’empêche pas de nombreux jeunes de tenter leur chance. Selon le témoignage d’une connaissance de Maghreb Émergent, aujourd’hui installée en France après avoir effectué cette traversée, une place à bord d’une embarcation peut atteindre jusqu’à 190 000 dinars selon la période, le type de bateau et la destination.
Selon les statistiques publiées depuis jeudi par le lanceur d’alerte espagnol Francisco José Clemente Martín, plus de 400 migrants sont arrivés sur les côtes espagnoles après avoir quitté plusieurs plages algériennes.
Des départs signalés depuis plusieurs wilayas vers différentes côtes espagnoles
D’après les informations relayées par Francisco José Clemente Martín, les départs ont été enregistrés depuis Oran, Tipaza, Alger, Mostaganem, Boumerdès et Dellys. Les embarcations auraient pris la direction de plusieurs destinations espagnoles, notamment Almeria, Murcie et les îles Baléares.
Le lanceur d’alerte fait également état de l’arrivée d’un bateau de type Phantom transportant une cinquantaine de migrants. D’autres petites embarcations auraient également réussi la traversée au cours des derniers jours.
Ces chiffres illustrent une reprise des tentatives de traversée durant la saison estivale, une période où les conditions météorologiques sont souvent jugées plus favorables par les réseaux de passeurs et les candidats au départ.
Mais derrière ces arrivées se cachent aussi des drames qui passent parfois inaperçus.
Selon le même lanceur d’alerte, le naufrage d’une embarcation disparue depuis le 28 juin 2026, après son départ d’Oran avec 12 personnes à bord, a été confirmé. Toujours selon cette source, le corps de l’un des jeunes a été retrouvé dans les eaux territoriales algériennes, au large de Mostaganem.
D’autres passagers restent toujours portés disparus.
Chaque été, les statistiques mettent en lumière les embarcations qui atteignent les côtes européennes. Elles rappellent aussi une autre réalité, beaucoup plus douloureuse : celle des candidats à l’émigration clandestine qui disparaissent en mer sans jamais arriver à destination, laissant derrière eux des familles dans l’attente et l’incertitude.


