Le port d’Alger franchit un cap. Six nouvelles machines de type « cavalier gerbeur » ont officiellement intégré la flotte opérationnelle de l’Entreprise portuaire d’Alger, jeudi 30 avril 2026. Objectif : renforcer les capacités de manutention et améliorer la fluidité du trafic conteneurs.
L’annonce est venue directement de l’Entreprise portuaire d’Alger. Ces six engins spécialisés dans l’empilage et le déplacement des conteneurs entrent en service dans le cadre d’une politique nationale de dynamisation des ports algériens. Leur déploiement vise à augmenter la capacité d’absorption du terminal à conteneurs et à réduire les délais de traitement des marchandises.
Concrètement, les cavaliers gerbeurs permettent de stocker davantage de conteneurs sur une même superficie et d’accélérer leur rotation. Il s’agit donc d’un levier direct d’amélioration de la productivité portuaire.
Un contexte difficile à inverser
Ce renforcement intervient toutefois dans un contexte tendu. Le port d’Alger a en effet enregistré une baisse notable de son volume d’activité lors des deux premiers mois de l’année 2026. Une contre-performance qui a mis en évidence les limites opérationnelles de l’infrastructure et la nécessité d’agir rapidement.
Par ailleurs, le port d’Alger souffre d’un problème persistant que ses concurrents ont su, en grande partie, résoudre. Contrairement aux ports d’Oran, de Béjaïa ou de Skikda, qui ont sensiblement réduit leurs délais d’attente en rade ces derniers mois, le port d’Alger continue d’afficher des temps d’immobilisation des navires parmi les plus longs du pays. Cette situation pèse directement sur les coûts des opérateurs et nuit à l’attractivité de la place portuaire algéroise.
Un signal positif, mais insuffisant
Certes, la mise en service de ces six engins constitue un pas dans la bonne direction. Néanmoins, les professionnels du secteur s’accordent à dire que la modernisation de l’outil de manutention, bien qu’indispensable, ne suffira pas à elle seule à régler le problème structurel des délais d’attente en rade.
D’autres leviers devront être activés en parallèle : optimisation des procédures douanières, numérisation des formalités administratives et renforcement des capacités d’accueil des quais. Ce sont là des chantiers qui conditionnent la compétitivité à long terme du premier port du pays.
Le port d’Alger traite une part significative des importations nationales. Sa performance opérationnelle a donc un impact direct sur les délais de livraison et les coûts logistiques supportés par les entreprises algériennes. Améliorer son efficacité, c’est aussi alléger la facture du commerce extérieur et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
L’entrée en service de ces cavaliers gerbeurs est ainsi un signal positif. Il reste désormais à confirmer cette dynamique par des réformes structurelles profondes et durables.


