La Société de gestion des ports de pêche et de plaisance (SGPP) enregistre une montée notable de l’intérêt des investisseurs, notamment privés, pour les ports de plaisance le long du littoral national. Cet engouement concerne particulièrement les activités liées aux loisirs nautiques, à la restauration et aux services touristiques, traduisant l’attractivité croissante de ces infrastructures.
Selon son directeur général, Fethy Rebei, cette dynamique est le résultat des réformes engagées ces dernières années, notamment l’amélioration des conditions d’accueil et la mise en place d’un cadre réglementaire incitatif favorisant l’investissement.
Créée en 2019 et filiale du Groupe des services portuaires, la SGPP gère aujourd’hui 46 ports à travers le pays. Ces installations jouent un double rôle, à la fois économique et touristique, en soutenant la filière halieutique et en participant à l’animation des zones côtières.
Dans le cadre de sa stratégie de modernisation, la société a déployé plusieurs projets structurants, dont l’installation de plus de 9 km de quais flottants pour optimiser l’amarrage et séparer les activités de pêche et de plaisance. Elle a également mis en service sept grues de grande capacité dédiées à la maintenance des navires.
Parallèlement, des efforts sont engagés pour améliorer les services de base dans les ports (eau, électricité, sécurité, hygiène) et renforcer la gestion professionnelle à travers des outils de suivi et d’organisation. Ces actions contribuent à améliorer la qualité des produits de la pêche et la rentabilité du secteur.
La SGPP s’inscrit également dans le développement urbain et touristique, notamment via sa participation au Plan Bleu à Alger, avec des projets de marinas comme le port des Sablettes et certains espaces du port d’Alger.
À moyen terme, la stratégie repose sur la numérisation de la gestion, le renforcement des partenariats public-privé et la transformation des ports en espaces ouverts au grand public.
Enfin, de nouveaux projets sont en préparation, dont un port de pêche à Annaba pouvant accueillir plus de 360 navires, ainsi qu’un port mixte (pêche et plaisance) à l’est d’Alger.
Malgré ces avancées, plusieurs limites persistent. L’attractivité des ports de plaisance reste inégale selon les régions, et l’offre de services demeure encore embryonnaire dans de nombreux sites. Les opérateurs privés, bien que plus présents, restent prudents face à des contraintes administratives et à un environnement économique jugé parfois instable.

