“Qu’est-ce qu’on fait avec l’Algérie ?” : Les confidences de Macron révélées par “Le Monde”

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Emmanuel Macron avec Abdelmadjid Tebboune à Alger en aout 2022, un élan stoppé en 2024 (dr)

À un an de la fin de son second mandat, le président français Emmanuel Macron tente de relancer la relation avec Alger, actuellement plongée dans une crise d’une gravité inédite. Selon le journal Le Monde, le chef de l’État français refuse de se résigner à un échec diplomatique et mémoriel avec l’Algérie et cherche activement les voies d’un dégel.


Selon les informations rapportées par le journal, la volonté d’Emmanuel Macron de relancer le dialogue s’est manifestée de manière informelle le 3 avril dernier, à bord de l’avion présidentiel qui le ramenait de Séoul à Paris. Accompagné de son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne, le président français a directement interpellé Sabrina Sebaihi, députée écologiste des Hauts-de-Seine et présidente du groupe d’amitié France-Corée du Sud, connue pour son implication dans les débats franco-algériens. Le chef de l’État français lui a alors demandé ce qu’il convenait de faire avec l’Algérie. « Qu’est-ce qu’on fait avec l’Algérie ? ».

Cette confidence, dévoilée par le quotidien, traduit pour les observateurs l’intention d’Emmanuel Macron de s’enquérir de pistes concrètes pour débloquer un canal politique totalement encalminé. La députée franco-algérienne a confié au journal que le président de la République souhaitait se réconcilier avec l’Algérie « avant la fin de son mandat ».


Cette tentative — ou souhait — de rapprochement intervient après une succession de crises majeures qui ont paralysé les canaux officiels entre Paris et Alger. La rupture s’est d’abord accélérée lors du tournant de juillet 2024, lorsque l’alignement de la France sur le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental a provoqué la colère d’Alger, qui a immédiatement rappelé son ambassadeur. Les tensions sont ensuite allées crescendo avec le passage de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, qui a fait des attaques contre l’Algérie le moyen de se donner une épaisseur politique. Il continue aujourd’hui d’en faire un point essentiel de sa campagne en tant que candidat à la présidence.

Légère éclaircie… en attendant un miracle?

Le Monde note que le climat s’est légèrement éclairci ces dernières semaines grâce à plusieurs initiatives discrètes et pragmatiques. Sur le plan de la coopération migratoire, à la suite d’une visite à Alger du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñes en février, la délivrance des laissez-passer consulaires pour les ressortissants algériens en situation irrégulière a repris, alors qu’elle était totalement suspendue depuis 2025.

Sur le plan économique, le président du Medef, Patrick Martin, s’est rendu à Alger pour renouer les contacts avec le patronat local. Enfin, des canaux parallèles se sont activés en mai avec le déplacement en Algérie de l’ex-ministre Ségolène Royal, qui a pu rendre visite à Christophe Gleizes dans sa cellule. Si ces différents gestes amorcent un début de normalisation technique, les questions de fond restent posées. Ce serait un miracle si des avancées cruciales étaient enregistrées à seulement douze mois de l’échéance présidentielle française.

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