Exporter sans risque : l’OMPI forme les PME algériennes

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Deux webinaires en mai pour familiariser les entrepreneurs algériens avec le Système de Madrid, mécanisme international d’enregistrement des marques. La protection des actifs immatériels reste un angle mort de la diversification hors hydrocarbures.

Le 13 mai 2026 en anglais, le 20 mai en français. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) cible les PME algériennes avec deux sessions en ligne consacrées au Système de Madrid. Au programme, les principes du dispositif et ses aspects pratiques, à destination de chefs d’entreprise dont beaucoup ignorent encore qu’ils peuvent protéger leur marque dans 131 pays via une procédure unique.

Le Système de Madrid repose sur un guichet unique. Une marque enregistrée dans un État membre peut être étendue à plusieurs juridictions sans déposer une demande dans chacune d’elles. Le bureau extérieur de l’OMPI à Alger, ouvert en 2019, accompagne la mise en œuvre des projets liés à la propriété intellectuelle sur le terrain algérien. L’Algérie a rejoint le protocole le 31 octobre 2015, en queue de peloton des adhésions.

Une couverture partielle, une utilisation marginale

131 pays, plus de 80 % du commerce mondial. Sur le papier, l’outil est calibré pour des opérateurs orientés export. Sur le terrain, l’usage qu’en font les entreprises algériennes reste discret. Le pays figure au 53ᵉ rang sur 55 dans l’Index mondial de la propriété intellectuelle 2026, un classement qui dit l’écart entre les ambitions affichées et la culture réelle de la PI dans l’écosystème productif.

Sur le terrain, les conséquences sont tangibles. Sans dépôt préalable, une PME algérienne s’expose à voir sa marque préemptée par un concurrent local, à des contentieux coûteux, et se prive d’un actif immatériel pourtant valorisable auprès des financeurs ou des partenaires industriels. Le cas n’a rien de théorique. Plusieurs marques algériennes de l’agroalimentaire ont déjà découvert, en arrivant sur leurs marchés cibles, qu’un tiers les y avait précédées au registre.

L’OMPI travaille en Algérie avec l’Institut national de la propriété industrielle (INAPI). Plusieurs initiatives conjointes ont été lancées, dont Moubadar’Art pour les industries culturelles et créatives, et un réseau d’une centaine de Centres d’appui à la technologie et à l’innovation (CATI) déployé sur le territoire. Reste à ce que les entreprises s’en saisissent.

Les exportations hors hydrocarbures plafonnent autour de 5 milliards de dollars, loin des 29 milliards visés à l’horizon 2030. Les cinq lauréats du dernier prix présidentiel de l’export -pharmaceutique, agroalimentaire, électricité -partagent une caractéristique. Tous portent une marque clairement identifiable. Encore faut-il qu’elle leur appartienne demain sur les marchés où ils prétendent vendre.

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