L’Algérie s’affirme comme le marché le plus dynamique du continent avec un taux de croissance annuel de 42,51 % projeté entre 2026 et 2031. Selon le rapport de Mordor Intelligence, une plateforme spécialisée dans l’analyse des marchés de l’énergie dans le monde, le pays opère un virage stratégique majeur impulsé par un appel d’offres solaire d’envergure de 1 GW.
Cet appel d’offres a fixé un prix plafond très compétitif de 0,028 USD par kWh, affirmant que le photovoltaïque couplé à un stockage par batterie lithium-ion de quatre heures est l’option de base la plus économique. Parallèlement, Alger aligne ses ambitions dans l’hydrogène vert avec le réseau d’exportation de la Sonatrach afin d’approvisionner directement le marché méditerranéen et européen.
Le solaire détrône l’hydroélectricité d’ici 2031
À l’échelle du continent africain, le marché des énergies renouvelables doit passer de 77,91 GW en 2025 (représentant une valeur financière de 77,91 milliards USD) et 86,95 GW en 2026 à 179,66 GW d’ici 2031. Cette progression globale repose sur un TCAC continental (un taux de croissance annuel composé) soutenu à 15,62 %, estime la même source.
Le rapport de Mordor Intelligence prévoit aussi l’effritement de l’hydroélectricité qui représentait encore 62,25 % de la capacité installée africaine en 2025. Le solaire photovoltaïque s’impose comme la technologie à la croissance la plus rapide avec un TCAC de 27,84 % jusqu’en 2031. Dès 2029, la capacité cumulée du solaire et de l’éolien dépassera celle de l’hydroélectricité, selon les prévisions de cette plateforme qui se présente comme ayant réalisé 2 074 études et rapports de recherche sur l’énergie.
La montée en puissance du secteur privé
Alors que les services publics concentraient 77,33 % de la capacité de production en 2025, les industriels et acteurs miniers privés devraient progresser à un rythme annuel de 18,36 %.
Les experts de Mordor Intelligence expliquent cette montée du secteur privé par le besoin de « contourner l’insécurité des réseaux nationaux ». Les réseaux publics peinent à gérer l’intégration de la production et subissent un taux élevé de rejet d’électricité. En Afrique du Sud, par exemple, l’opérateur national Eskom a dû rejeter 4 363 GWh d’électricité renouvelable en 2024 (soit 12 % de la production totale) en raison de l’inflexibilité de son parc de centrales au charbon.
De grands groupes, comme Anglo American ou Sibanye-Stillwater, signent directement des contrats d’approvisionnement privé : le géant minier vise l’acquisition de 3 à 5 GW d’énergie propre sur le continent, tandis que Sibanye-Stillwater a développé son propre projet solaire de 175 MW pour réduire son exposition au diesel et aux émissions de carbone.
Le rapport de Mordor Intelligence pointe deux obstacles au développement des renouvelables en Afrique : en plus de la fragilité des réseaux électriques nationaux qui ampute la croissance estimée de 1,2 point de pourcentage, les restrictions de convertibilité des devises pour les investisseurs étrangers impactent négativement la croissance de ce secteur de 0,9 point.



