La Tunisie a enregistré un déficit commercial de 17,85 milliards de dinars tunisiens, soit environ 6,1 milliards de dollars, au cours des huit premiers mois de 2026, contre 14,64 milliards de dinars à la même période de 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS).
Cette aggravation intervient alors que les importations progressent plus rapidement que les exportations. De janvier à août 2026, les exportations tunisiennes ont augmenté de 8 %, pour atteindre 44,67 milliards de dinars, contre 41,37 milliards un an auparavant. Les importations ont, pour leur part, progressé de 11,6 %, à 62,53 milliards de dinars, contre 56,01 milliards sur la même période de 2025.
Le taux de couverture des importations par les exportations s’est ainsi établi à 71,4 %, contre 73,9 % un an auparavant.
L’énergie pèse près de la moitié du déficit
La balance énergétique constitue l’une des principales composantes du déficit. Son solde négatif a atteint 8,93 milliards de dinars, contre 7,15 milliards à fin août 2025. Le déficit commercial hors énergie s’est établi à 8,92 milliards de dinars.
Les importations de produits énergétiques ont augmenté de 28,5 % sur un an. Les autres principales catégories d’importations sont également en hausse : +17,1 % pour les produits alimentaires, +8,2 % pour les biens de consommation, +7,9 % pour les matières premières et demi-produits et +6,2 % pour les biens d’équipement.
Par catégorie de produits, les principaux soldes négatifs concernent les produits énergétiques, avec -8,93 milliards de dinars, les matières premières et demi-produits (-4,54 milliards), les biens d’équipement (-3,13 milliards) et les biens de consommation (-2,24 milliards). Le groupe des produits alimentaires affiche, à l’inverse, un excédent de 983,1 millions de dinars.
Les exportations progressent dans plusieurs secteurs
La hausse globale des exportations est notamment portée par les industries mécaniques et électriques, dont les ventes ont progressé de 8,5 %, et par les industries agroalimentaires, en hausse de 20,8 %.
Les exportations d’huile d’olive ont atteint 3,77 milliards de dinars, contre 2,70 milliards durant les huit premiers mois de 2025. Le secteur de l’énergie a également enregistré une hausse de 44,3 % de ses exportations, notamment sous l’effet de l’augmentation des ventes de produits raffinés, passées de 504,2 millions à 1,12 milliard de dinars.
À l’inverse, les exportations du secteur des mines, phosphates et dérivés ont reculé de 12 %, tandis que celles du textile, de l’habillement et du cuir ont diminué de 4,8 %.
L’Union européenne reste le principal débouché
L’Union européenne demeure le principal marché des exportations tunisiennes. Elle a représenté 70,2 % du total des exportations sur les huit premiers mois de 2026, pour une valeur de 31,35 milliards de dinars, contre 29,17 milliards un an auparavant.
Les ventes tunisiennes ont progressé de 3,4 % vers la France, de 5,2 % vers l’Italie et de 2,1 % vers l’Allemagne. Elles ont toutefois reculé vers certains partenaires européens, notamment la Grèce (-19,9 %) et Malte (-10,8 %).
Du côté des importations, l’Union européenne représente 45,1 % du total, pour une valeur de 28,18 milliards de dinars, contre 24,41 milliards à la même période de 2025. Les achats en provenance de France ont augmenté de 17 %, tandis que ceux provenant d’Italie ont progressé de 16,7 %.
Hors Union européenne, les importations tunisiennes ont également augmenté avec la Turquie (+8,1 %), l’Inde (+4,2 %) et la Chine (+6,1 %). Elles ont en revanche diminué avec la Russie (-51 %) et le Royaume-Uni (-22 %).
Ainsi, sur les huit premiers mois de 2026, le déficit commercial tunisien atteint 17,85 milliards de dinars, soit environ 6,1 milliards de dollars. La progression plus rapide des importations que des exportations constitue le principal facteur de cette aggravation.

