Le chiffre d’affaires de la société mère s’établit à 5 748 milliards de dinars en 2025, en baisse de 12 % sur un an, selon le rapport annuel de la compagnie. La courbe descend sans interruption depuis 2022, avec 7 218 milliards en 2023 puis 6 523 milliards en 2024, soit un recul de 35,5 % entre 2022 et 2025.
Les autorités avaient présenté dès décembre 2022 les résultats de l’année comme un record, alors que les volumes de gaz exportés avaient reculé d’environ 10 % cette année-là, à 49,3 milliards de m³ selon les données de suivi des cargaisons. Ce résultat venait donc des prix plus que des quantités.
Dans son rapport annuel 2022, Sonatrach cite le conflit en Ukraine parmi les facteurs de tension sur les marchés de l’énergie. Le Sahara Blend était alors valorisé à 103,90 dollars le baril. En 2025, le brut de la compagnie est tombé à 69,37 dollars, tandis que le prix moyen du gaz passait de 10,36 à 9,54 dollars le million de BTU.
En volume, presque rien n’a bougé. Les exportations ont reculé de 91,6 à 89,0 millions de TEP, soit 2,8 % de moins, alors que le chiffre d’affaires à l’export est passé de 59,8 à 40 milliards de dollars. Sonatrach a vendu à peu près autant, mais environ un tiers moins cher.
Même pente pour le résultat net, de 1 448 milliards de dinars en 2022 à 812 milliards en 2024, puis 603 milliards en 2025, en recul de 26 % sur le dernier exercice.
Un marché intérieur qui absorbe de plus en plus de volumes
Une part du recul tient à l’orientation des volumes. Les ventes sur le marché national sont passées de 66,7 à 76,1 millions de TEP, soit 14 % de plus, et leur part dans les quantités commercialisées de 42,1 % à 46,1 %. Elles ne représentent pourtant qu’environ 7 % du chiffre d’affaires, les tarifs domestiques du gaz étant inchangés depuis 2016.
Sur le seul gaz, la consommation intérieure a pris 4,1 milliards de m³ en 2025, soit 7,8 % de plus, pour atteindre 57,3 milliards de m³. Cette priorité donnée au marché national a pesé sur le GNL, dont les exportations sont tombées au plus bas depuis 2013.
Côté offre, la production n’a progressé que de 2,2 %, de 189,6 à 193,7 millions de TEP, ce qui laisse peu de marge pour exporter davantage quand la demande intérieure grimpe.
Des prix qui remontent, un record encore lointain
La guerre en Iran, ouverte à la fin février, a de nouveau tendu les marchés. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont porté le gaz européen près de 100 euros le mégawattheure à la fin octobre.
Mohamed Arkab, ministre des Hydrocarbures, a avancé le 17 octobre des recettes d’exportation d’hydrocarbures de 37,5 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2026, avec un baril algérien autour de 97 dollars, en hausse de 37 %, et un gaz à 11,3 dollars le million de BTU. Cela représente environ 4,2 milliards de dollars par mois, contre près de 5 milliards en 2022. La comparaison reste approximative, le ministre parlant de l’ensemble des exportations d’hydrocarbures et Sonatrach de son seul chiffre d’affaires à l’export. Le niveau de 2025, à 40 milliards de dollars, paraît en revanche à portée.
Du côté des prix intérieurs, rien ne bouge. Le projet de loi de finances 2027 prévoit, dans son article 218, la possibilité d’une révision des prix des carburants, mais Mohamed Arkab a indiqué qu’aucune hausse n’était prévue.
Sur le marché européen, la demande tient, et il reste à savoir si l’Algérie produira assez pour en profiter.
Pour égaler les 59,8 milliards de dollars de 2022, et même en retenant les chiffres du ministre, Sonatrach devrait encaisser près de 22 milliards entre octobre et décembre, soit environ 78 % de plus que le rythme de 12,5 milliards par trimestre observé depuis janvier.



