L’Africa Energy Bank (AEB), ou Banque africaine de l’énergie, existe désormais officiellement. Afreximbank (Banque africaine d’import-export) et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont annoncé la création de l’APPO samedi 31 octobre à Abuja, à l’issue de l’assemblée générale inaugurale de l’institution. Capital autorisé : 5 milliards de dollars. Premier président : l’Égyptien Helmy Ghazi, nommé lors de cette même réunion.
Un premier conseil d’administration a également été formé. Selon le communiqué conjoint, il réunit des membres des secteurs public et privé, ainsi que des institutions de politique publique du continent, sans en donner les noms. La réunion s’est tenue en présence notamment du ministre d’État nigérian aux Ressources pétrolières, Heineken Lokpobiri, du président d’Afreximbank, George Elombi, et du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Pour rappel, son lancement était prévu initialement pour juin dernier, puis pour le 1er juillet 2026 lors du symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz à Oran début avril. La Banque africaine de l’énergie a finalement été lancée fin octobre.
Remplacer des bailleurs qui se retirent
L’officialisation de cette nouvelle institution continentale repose principalement sur le fait que les besoins d’investissement en énergie de l’Afrique sont estimés à 200 milliards de dollars. Les financeurs traditionnels se détournent des énergies fossiles et des zones difficiles d’accès, alors que le pétrole et le gaz demeurent centraux dans les systèmes énergétiques du continent. L’AEB veut occuper cet espace.
Le communiqué ajoute un argument tourné vers l’avenir : produire et transporter davantage d’énergie serait nécessaire pour accélérer l’industrialisation et tirer parti des technologies émergentes, l’intelligence artificielle en tête.
Son champ d’intervention couvre l’ensemble de la chaîne : exploration et production, transport, transformation, raffinage et distribution. Le communiqué affiche trois objectifs : renforcer les capacités de production, réduire la dépendance aux produits pétroliers importés, développer le commerce intra-africain de biens énergétiques. La banque compte attirer des États, des compagnies pétrolières nationales, des institutions financières et des investisseurs privés.
Elle se présente comme une institution supranationale indépendante. Le texte parle aussi de « transition énergétique juste », sans préciser quelle part les énergies renouvelables représenteront dans ses financements.
Quatre ans et demi d’attente
L’idée prend racine dans les décisions prises lors de la COP26 à Glasgow, en novembre 2021. En mai 2022, l’APPO a annoncé son intention de créer une banque avec Afreximbank. Depuis, les dates de démarrage se sont succédé : le 28 janvier 2025, puis en juin 2025, puis le 1er juillet 2026, selon l’African News Agency. Abuja avait été choisie pour accueillir le siège en 2024.
Le 2 février 2026, le Nigeria a remis les clés du bâtiment de l’Africa Trade Center à l’APPO et à Afreximbank. Ce jour-là, Heineken Lokpobiri a assuré que tous les retards qui avaient freiné le lancement avaient été résolus. Selon l’APA, il a également indiqué que la banque desservirait environ 18 pays membres ainsi que l’ensemble du continent.
À l’heure actuelle, aucun projet financé n’a été annoncé, et aucun calendrier n’est fixé pour les premiers financements. Il est à noter que le communiqué ne fournit ni la liste des États actionnaires ni le capital réellement souscrit ou libéré.
À cet effet, la mesure viendra des premiers dossiers : quels projets, dans quels pays, avec quels partenaires. Pour l’instant, la banque a un siège, un président, un conseil d’administration et un plafond de capital.



