Initialement annoncée pour juin, puis pour le 1er juillet 2026 lors du symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz à Oran début avril, la Banque africaine de l’énergie aura finalement son lancement officiel “fin juillet 2026”, pour une opérationnalité “au mois d’août”, a déclaré Farid Ghezali sur les ondes de la Chaîne 3 hier lundi. Le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) y était l’invité de Souhila Dahmoun.
Les bureaux de l’institution, basés à Abuja au Nigeria, ont été inaugurés en février 2026. Le capital minimal requis pour le lancement est désormais atteint. “Ce qui n’était qu’un rêve au départ et une vision aujourd’hui va devenir réalité fin juillet”, a affirmé le responsable. La capitalisation initiale s’établit à 5 milliards de dollars, pour un objectif de déploiement de 10 milliards en phase 1, et 15 milliards visés à horizon 2030.
La Banque africaine de l’énergie naît d’un constat partagé par les dix-huit pays membres de l’APPO. “Beaucoup d’institutions bancaires internationales ont été un petit peu reluctantes par rapport au financement des projets énergie fossile entre guillemets”, a rappelé Farid Ghezali. Le retrait progressif des bailleurs occidentaux du financement amont a laissé un trou que l’institution panafricaine entend combler. “Nous avons voulu que nous ayons un outil qui soit indépendant justement de ces institutions, de se dire nous avons un propre outil et nous pourrons juste arbitrer nos propres projets pétrole et gaz.”
Le retour partiel des financiers occidentaux, observé depuis le changement d’administration à Washington, ne modifie pas la trajectoire. “Même si nous voyons un retour actuellement avec une nouvelle administration aux États-Unis, qui a fait que certaines institutions sont revenues dans le giron normal du financement des projets”, l’argument de souveraineté financière reste central pour l’APPO. La BAE doit aussi servir de plateforme commune pour les compagnies pétrolières nationales africaines, restées jusqu’ici dépourvues d’un véhicule mutualisé d’accès aux marchés de capitaux.
“L’Algérie est l’un des contributeurs les plus importants”
L’Algérie figure parmi les premiers bailleurs. “Je peux vous dire aussi maintenant que nous avons atteint le capital minimal pour lancer cette banque, et je suis très fier de dire que l’Algérie s’est engagée à financer, à être un des contributeurs, l’un des plus importants de cette organisation”, a précisé le secrétaire général. Chaque État membre doit verser un minimum de 83,33 millions de dollars. La Côte d’Ivoire avait débloqué plus de 20 millions de dollars en décembre 2025 ; le Nigeria, l’Angola et le Ghana figurent également parmi les premiers contributeurs.
L’engagement algérien s’inscrit dans une diplomatie énergétique active sur le continent, que Farid Ghezali décrit comme “percutante et impactante”. Il cite en exemple le Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), reliant à terme le Nigeria à l’Algérie via le Niger, et “l’engagement des hautes autorités algériennes pour pouvoir terminer le dernier tronçon nigérien”. Le secrétariat général de l’APPO sert également de courroie entre Alger et plusieurs capitales africaines. Le responsable mentionne le rapprochement récent avec la Côte d’Ivoire et une démarche en cours avec la République démocratique du Congo.


