Le port d’Alger n’a pas réussi son entrée en 2026. Sur les mois de janvier et février, l’Entreprise Portuaire d’Alger (EPAL) a traité 1 253 893 tonnes de marchandises, contre 1 549 429 tonnes sur la même période en 2025. Le recul atteint -19,07 %. C’est un signal d’alarme difficile à ignorer.
Le trafic hors hydrocarbures recule de -7,48 %, passant de 992 760 à 918 532 tonnes. Mais c’est le trafic hydrocarbures qui s’effondre le plus : -39,88 %, avec seulement 335 361 tonnes traitées contre 556 668 un an plus tôt.
À l’export, la situation est encore plus préoccupante. Les embarquements chutent de -38,05 % sur le bimestre. Cela révèle un fort redéploiement des flux vers d’autres terminaux nationaux.
Mars 2026 : la tendance se confirme
En mars, le port d’Alger n’a pas réussi à redresser la barre. Selon les statistiques de l’EPAL publiées dans la revue Echos du Port, le trafic global des marchandises s’élève à 710 474 tonnes, contre 744 117 tonnes en mars 2025, soit une nouvelle baisse de -4,52 %.
Les importations résistent légèrement mieux, avec une hausse de +1,70 %. Mais les exportations plongent encore : -34,27 %, avec seulement 84 603 tonnes embarquées. Le trafic hydrocarbures à l’export s’effondre de -60,77 %.
Sur le plan des navires, le port d’Alger enregistre tout de même une légère progression, avec 153 navires à l’entrée contre 142 en mars 2025, soit +7,75 %. Un indicateur insuffisant pour compenser les mauvais chiffres du fret.
Néanmoins, le port d’Alger n’est pas resté inactif. Six cavaliers gerbeurs (« straddle carriers ») sont entrés en service le 30 avril 2026 au port d’Alger. Ces engins de manutention lourde visent directement à renforcer les capacités de traitement des conteneurs et à augmenter la cadence des opérations.
Par ailleurs, en mars, le séjour moyen à quai des porte-conteneurs a déjà chuté de 7,52 à 5,34 jours, soit une réduction de plus de 17 %. C’est une amélioration concrète, qui indique que des efforts sont en cours.
Béjaïa en mode turbo : le contraste est saisissant
Pendant que le port d’Alger recule, le port de Béjaïa, plus modeste en taille, affiche une croissance phénoménale. Sur les deux premiers mois de 2026, il traite 2 691 901 tonnes, soit une progression de +33,33 % par rapport à 2025.
Plus frappant encore : les exportations à Béjaïa bondissent de +152 %, portées par les hydrocarbures (+138 %) et surtout par les produits hors hydrocarbures (+226 %). Les opérateurs économiques semblent délibérément privilégier des ports jugés plus réactifs et mieux organisés.
Ce contraste pose une question de fond : comment le premier port du pays peut-il reculer aussi nettement, tandis qu’un port régional atteint de tels niveaux de performance ?


