Le Salon de la production nationale de pièces de rechange et d’accessoires automobiles a ouvert ses portes à Aïn M’lila, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi. Plus de 40 exposants venus de plusieurs régions du pays y participent. Au-delà des produits exposés, l’événement a aussi permis aux opérateurs économiques d’exprimer leurs préoccupations directement aux représentants des pouvoirs publics.
Durant la visite officielle des stands, plusieurs questions liées à l’importation de matières premières, au financement bancaire et au système du Programme prévisionnel d’importation (PPI) ont été soulevées.
Importation, matières premières et manque de visibilité : les préoccupations des industriels
Dans les allées du salon, un opérateur économique a profité du passage d’Ahmed Mokrani. Directeur général de la Régulation et de l’Organisation des Activités au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national. Pour exposer les difficultés rencontrées par les professionnels du secteur.
L’entrepreneur a notamment évoqué les contraintes imposées par le Programme prévisionnel d’importation. Selon lui, l’obligation de programmer les importations sur une longue période complique fortement l’activité des fabricants de pièces détachées.
Le professionnel a expliqué que ce secteur évolue rapidement et que les besoins en matières premières changent régulièrement. Dans ces conditions, prévoir les importations pour six mois devient particulièrement difficile.
Cette situation peut entraîner des ruptures d’approvisionnement et ralentir la production. Plusieurs opérateurs présents au salon partagent le même constat. Ils estiment que davantage de souplesse permettrait de mieux répondre aux besoins du marché national.
Au-delà de la question du PPI, certains industriels ont également évoqué le manque de main-d’œuvre qualifiée dans certaines spécialités techniques. Un défi qui accompagne le développement de la filière.
Ouverture de comptes bancaires : une autre difficulté soulevée à Aïn M’lila
L’autre sujet abordé concerne les difficultés rencontrées par certains investisseurs pour ouvrir des comptes bancaires professionnels.
Selon l’opérateur économique, ce problème revient régulièrement dans la région d’Aïn Fekroun. La question a déjà suscité plusieurs réactions de la part des acteurs économiques locaux.
Face à cette préoccupation, Ahmed Mokrani a orienté l’entrepreneur vers les services compétents chargés du commerce extérieur.
Le responsable a suggéré de se rapprocher du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, afin d’examiner les mécanismes existants et les programmes spécifiques susceptibles d’apporter des solutions adaptées à ce type de situation.
Cette réponse a permis d’ouvrir le dialogue avec les opérateurs présents, qui souhaitent un accompagnement plus important pour accélérer leurs projets industriels.
Un salon qui met en valeur les progrès de l’industrie nationale
Cette première édition du Salon de la production nationale de pièces de rechange et d’accessoires automobiles réunit 43 exposants, dont 20 issus de la seule commune d’Aïn M’lila.
Organisé sous le slogan « Nos produits construisent notre économie », l’événement est porté par la direction régionale du commerce de Batna, en coordination avec la Chambre de commerce et d’industrie Sidi Rghis d’Oum El Bouaghi.
Lors de sa visite, Ahmed Mokrani a salué le niveau atteint par les fabricants algériens. Il a évoqué un « développement important observé en matière de fabrication de pièces de rechange et d’accessoires automobiles ».
Le responsable a également souligné que les produits exposés répondent aux normes internationales et peuvent rivaliser avec certains produits importés.
Selon lui, l’Algérie dispose d’atouts importants pour développer davantage cette industrie et renforcer progressivement l’intégration locale dans la filière automobile.
Durant trois jours, les exposants auront l’occasion de présenter leurs innovations, de nouer de nouveaux partenariats et d’échanger avec les institutions concernées par le développement du secteur.
Au-delà de la vitrine commerciale, ce salon apparaît comme un espace de dialogue entre les pouvoirs publics et les industriels. Les préoccupations exprimées par les opérateurs témoignent des défis qui restent à relever. Elles montrent également la volonté des fabricants de contribuer à l’augmentation du taux d’intégration nationale et à la réduction de la dépendance aux importations.


