Sonatrach et Siemens Energy rouvrent le dossier de la décarbonation

Mohamed Arkab a reçu mardi une délégation du groupe allemand à Alger. La transition énergétique était au centre des échanges.

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Mohamed Arkab, ministre d'État chargé des Hydrocarbures, lors de sa rencontre avec la délégation de Siemens Energy conduite par Wahid Abbasi, au siège du ministère à Alger, le 23 juin 2026. © Ministère des Hydrocarbures

Le rendez-vous était fixé depuis plusieurs semaines. Ce mardi, le ministre des hydrocarbures, Mohamed Arkab, une délégation de Siemens Energy conduite par Wahid Abbasi, vice-président exécutif chargé des services gaziers pour l’Europe et l’Afrique. À l’ordre du jour, l’état des lieux du partenariat entre Sonatrach et le groupe allemand, et les perspectives d’un approfondissement.

Ce type de rencontre, récurrent dans le calendrier industriel algérien, prendrait un relief particulier si l’on considère que les deux parties ont choisi d’y adosser un agenda jusqu’ici moins exploré. Au-delà des contrats habituels portant sur les équipements pétroliers et gaziers, les services de maintenance et les solutions d’ingénierie, c’est le volet décarbonation qui a structuré une bonne partie des discussions.

Méthane, hydrogène, ammoniac

Les échanges ont porté sur plusieurs fronts simultanément. La réduction des émissions de méthane, la limitation du torchage routinier du gaz et l’amélioration de l’efficacité énergétique des installations existantes figuraient parmi les priorités évoquées. Mais Siemens Energy et Sonatrach ont également discuté du développement de projets dans l’hydrogène bas carbone et l’ammoniac vert, deux filières où l’Algérie cherche à construire une offre exportable vers l’Europe.

La modernisation des infrastructures via la numérisation et les technologies dites intelligentes était aussi sur la table, reflet d’une tendance lourde dans le secteur pétrolier mondial où l’automatisation progresse plus vite que les capacités de déploiement.

De son côté, Arkab a mis en avant l’intérêt qu’Alger attache au transfert de technologies et au développement des compétences nationales, thème récurrent dans les déclarations officielles algériennes sur les partenariats industriels étrangers. Wahid Abbasi, pour sa part, a réaffirmé la disponibilité de son groupe à accompagner les projets de décarbonation et de numérisation du secteur des hydrocarbures algérien.

Un partenariat ancien, des enjeux nouveaux

La relation entre Sonatrach et Siemens Energy ne date pas de cette réunion. Le groupe allemand est présent en Algérie depuis plusieurs décennies, principalement dans la fourniture de turbines à gaz et de compresseurs pour les infrastructures de transport et de traitement du gaz. Cette assise industrielle a servi de base aux ambitions affichées mardi.

Ce qui change, c’est le cadre dans lequel ces ambitions sont formulées. L’Algérie s’est engagée à réduire ses émissions de méthane dans le cadre d’accords internationaux, sous pression de ses partenaires européens qui conditionnent de plus en plus leurs achats gaziers à des garanties environnementales sur toute la chaîne d’approvisionnement.

Bruxelles, depuis la mise en œuvre du règlement sur les importations de méthane adopté en 2023, dispose d’outils pour contrôler les niveaux d’émissions des fournisseurs tiers, un dossier que le dialogue algéro-européen de mai dernier avait laissé ouvert.

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