Les importations marocaines de gaz naturel ont enregistré un net recul au cours des quatre premiers mois de 2026, dans un contexte marqué par les perturbations du marché énergétique international liées à la guerre en Iran. Selon des données publiées par la plateforme spécialisée Attaqa, le Royaume a importé environ 3,07 térawattheures (TWh) de gaz entre janvier et avril 2026.
Cette évolution reflète les tensions persistantes qui affectent les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales, alors que plusieurs pays importateurs cherchent à sécuriser leurs besoins dans un environnement marqué par la volatilité des prix et les risques géopolitiques. D’après les informations rapportées par Attaqa, le Maroc continue de s’approvisionner en gaz naturel liquéfié (GNL) auprès de plusieurs fournisseurs internationaux, notamment la Russie et les États-Unis, en plus des volumes fournis par le groupe Shell dans le cadre d’un accord conclu en 2023. Les autorités marocaines, de leur côté, ne communiquent pas officiellement sur l’origine détaillée des cargaisons importées, se limitant à indiquer que le pays recourt à des « sources internationales ».
Le modèle logistique adopté par le Royaume repose sur la regazéification du GNL en Espagne avant son acheminement vers le territoire marocain via le gazoduc Maghreb-Europe. Cette infrastructure, historiquement utilisée pour transporter le gaz algérien vers l’Europe, joue désormais un rôle stratégique dans la politique énergétique marocaine et dans la sécurisation de l’approvisionnement du pays.
Les données publiées par Attaqa montrent une baisse progressive des volumes importés tout au long du premier quadrimestre de l’année. Les importations se sont élevées à 822 gigawattheures (GWh) en janvier, avant de reculer à 572 GWh en février. En mars, les volumes ont légèrement progressé à 583 GWh, puis ont fortement chuté en avril pour atteindre 377 GWh. Ce dernier mois a enregistré la contraction la plus marquée, avec une baisse proche de 49 % par rapport à avril 2025, période durant laquelle les importations avaient atteint 738 GWh.
Selon Attaqa, cette diminution s’explique notamment par des interruptions temporaires des flux d’approvisionnement. Les livraisons auraient été suspendues pendant dix jours consécutifs au début du mois d’avril, avant une reprise partielle durant cinq jours, puis une nouvelle interruption de deux jours. Ces perturbations illustrent la fragilité actuelle des circuits d’approvisionnement énergétique dans un contexte international particulièrement tendu.

