Marché noir : quatre facteurs conjugués enfoncent l’euro face au dinar algérien

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Billets de banque en euros ©Adobstock

Ce dimanche 17 mai, le billet de 100 euros s’échange à 27 750 dinars à la vente sur le marché parallèle. Cent dinars de moins qu’hier, 350 de moins qu’il y a un mois. La tendance baissière de l’euro face à la monnaie nationale se confirme et s’installe.

Plusieurs forces tirent l’euro simultanément dans le même sens , explique un connaisseur de ce marché. La première est saisonnière. À quelques jours de l’Aïd El-Kébir, la diaspora algérienne d’Europe notamment afflue vers le pays. Ces retours au bercail s’accompagnent, comme chaque année, d’importantes quantités d’euros déversées sur le marché informel. Dans le même temps, les Algériens eux-mêmes voyagent peu : la fête se célèbre en famille, au pays, et les départs vers l’étranger tombent à leur niveau le plus bas de l’année. La demande en devises se contracte donc au moment précis où l’offre s’accroît. Ce ciseau saisonnier suffit à lui seul à peser significativement sur les cours.

La géopolitique fait le reste côté demande. L’escalade des tensions entre Washington et Téhéran entretient un climat d’incertitude qui paralyse une partie des opérateurs du marché parallèle. Commerçants du cabas et importateurs informels préfèrent attendre que la situation se clarifie avant d’engager des fonds en devises. Les échanges ralentissent, les achats d’euros se raréfient, accentuant la pression baissière déjà à l’œuvre.

Le marché de l’importation automobile, habituellement grand consommateur de devises, est lui aussi en retrait pour des raisons qui se cumulent. La première est réglementaire : les ferries reliant l’Europe aux ports d’Alger et d’Oran n’acceptent plus de véhicules importés à bord entre le 1er juin et le 1er septembre. Les acheteurs potentiels ont déjà intégré cette contrainte et reporté leurs projets à l’automne, ce qui retire du marché une demande en euros pourtant structurelle.

La seconde raison est administrative : le nouveau système de délivrance des cartes grises génère des délais et une incertitude procédurale qui découragent les opérateurs les plus actifs sur ce segment. Entre la fenêtre ferry fermée et les cartes grises en suspens, le commerce de l’occasion importée tourne au ralenti — et la demande en devises qui lui est associée avec lui.

Aucun de ces facteurs ne semble sur le point de s’inverser avant plusieurs semaines. L’Aïd approche, les tensions au Moyen-Orient persistent, et la restriction maritime court jusqu’en septembre. Dans ce contexte, le dinar devrait continuer à tenir la dragée haute à l’euro sur le marché informel, au moins jusqu’à la rentrée estivale.

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