Marché noir des devises : l’euro continue de céder du terrain face au dinar algérien

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Le billet de 100 euros s’échange ce samedi à 27 850 dinars à la vente, contre 27 650 dinars à l’achat. Un repli de 50 dinars par rapport à la cotation de jeudi dernier et de 250 dinars par rapport au pic d’avril. Quatre facteurs structurels expliquent cette glissade.

Le marché informel des devises continue d’envoyer des signaux sans équivoque : l’euro recule face au dinar algérien. Ce samedi 16 mai 2026, le billet de 100 euros est proposé à la vente à 27 850 dinars, soit un repli de 50 dinars par rapport à la cotation enregistrée jeudi dernier. À l’achat, le cours s’établit à 27 650 dinars pour 100 euros, en baisse identique. Plus significatif encore, l’écart avec le pic du mois d’avril atteint désormais 250 dinars, confirmant l’installation d’une tendance baissière durable sur le marché noir des devises.

Une offre en euros qui s’étoffe avec l’approche de l’Aïd El-Kébir

Le premier facteur qui pèse sur le cours de l’euro est mécanique : l’offre augmente. Les montants en devises européennes injectés sur le marché parallèle ces derniers jours sont en nette progression. L’explication est calendaire. L’approche de la fête de l’Aïd El-Kébir provoque traditionnellement un afflux de membres de la diaspora algérienne qui rentrent au pays pour célébrer l’événement en famille. Plus nombreux sont les retours, plus importante est la quantité d’euros mise en circulation sur le marché informel. Cette augmentation de l’offre exerce, par définition, une pression à la baisse sur les cours.

Les tensions au Moyen-Orient refroidissent la demande

Le deuxième facteur est géopolitique. La persistance des tensions au Moyen-Orient, alimentée par les menaces répétées de l’administration américaine à l’égard de l’Iran, entretient un climat d’incertitude qui se répercute sur le commerce international, le transport aérien et les marchés financiers mondiaux. Dans ce contexte de doute, les commerçants du cabas et certains importateurs préfèrent adopter une posture attentiste et reporter leurs transactions. Moins de demande en euros signifie mécaniquement moins de pression sur les cours, ce qui accentue le mouvement baissier.

La fermeture saisonnière des ferries aux véhicules bride les importations de voitures

Le troisième élément est d’ordre logistique et saisonnier. La réglementation maritime interdit le transport de véhicules à bord des ferries passagers reliant l’Europe aux ports d’Alger et d’Oran entre le 1ᵉʳ juin et le 1ᵉʳ septembre. Cette fenêtre de restriction, qui concerne notamment les voitures neuves et les véhicules de moins de trois ans importés d’Europe, pousse les porteurs de projets d’acquisition à différer leurs achats à l’automne. Résultat : la demande en devises liée à l’importation automobile se contracte sensiblement en ce moment, contribuant à tasser les cours.

Le nouveau système de délivrance des cartes grises ralentit le circuit parallèle

Enfin, le quatrième facteur vient perturber davantage le segment automobile. L’introduction d’un nouveau système de délivrance des cartes grises a engendré des lenteurs administratives qui ralentissent le rythme des importations de véhicules. Face à cette incertitude procédurale, de nombreux opérateurs du marché parallèle préfèrent temporiser. Moins d’importations en cours ou en projet, c’est moins de besoins immédiats en euros, et donc un effet dépressif supplémentaire sur le taux de change informel.

La conjonction de ces quatre éléments — hausse de l’offre liée à la diaspora, recul de la demande sous l’effet des tensions géopolitiques, pause saisonnière sur les importations automobiles et ralentissement administratif — dessine un tableau cohérent. La baisse de l’euro sur le marché noir algérien n’est pas un soubresaut conjoncturel, mais le résultat d’une combinaison structurée de pressions baissières. À moins d’un retournement inattendu de l’un de ces facteurs, la tendance devrait se maintenir dans les prochains jours.

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