Tizi Ouzou : un taux de consommation budgétaire de 47 % en 2025

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Le président de l’Assemblée populaire de wilaya (P-APW) de Tizi Ouzou M. Youcef Sidali a livré un bilan préoccupant lors de son passage à la Radio locale. En 2025, le taux de consommation des budgets alloués à la wilaya atteint 47 %. Un chiffre en progression, mais qui reste bien en deçà des attentes.

Par rapport à 2024, l’évolution est notable. L’année dernière, le taux de consommation ne dépassait pas 41 %. Tizi Ouzou gagne donc six points en un an. Toutefois, ce résultat demeure inférieur à la moyenne nationale. En conséquence, la wilaya continue de faire figure de mauvaise élève en matière d’exécution budgétaire.

Ce problème n’est pas nouveau. Il reflète des dysfonctionnements structurels qui freinent le développement local depuis plusieurs années.

Les projets bloqués, principale cause du sous-emploi budgétaire

Le P-APW identifie clairement la source du problème. “Nous avons beaucoup de projets bloqués, ce qui fait baisser le taux de consommation des budgets”, déclare-t-il. À cela s’ajoutent les arrêts de chantiers et les retards de réalisation, qui pèsent également sur les indicateurs.

Ces blocages engendrent une spirale négative. Un projet à l’arrêt ne consomme pas son budget. Un budget non consommé dégrade mécaniquement le taux global de la wilaya de Tizi Ouzou.

Pour illustrer ces dérives, le P-APW cite l’exemple emblématique du barrage de Souk N’tlata. Le coût de réalisation de cet ouvrage a fait l’objet d’une dizaine de réévaluations successives. Résultat : les délais s’allongent indéfiniment. L’entreprise chargée des travaux ne peut pas livrer le projet avant au moins trois ans.

Ce type de situation illustre parfaitement les effets dévastateurs d’une mauvaise maîtrise des coûts. Chaque réévaluation budgétaire entraîne un arrêt des travaux. Chaque arrêt prolonge les délais. Et chaque délai supplémentaire aggrave le taux de non-consommation budgétaire de Tizi Ouzou.

Des blocages parfois évitables

Sans entrer dans les détails, le P-APW pointe également d’autres obstacles plus contestables. Certains blocages “n’ont pas lieu d’être”, selon ses propres mots. Il fait allusion aux oppositions récurrentes de citoyens ou d’administrations à la réalisation de certains projets.

Ces résistances, qu’elles soient d’ordre foncier, administratif ou social, constituent un frein supplémentaire. Elles retardent le lancement ou l’avancement de chantiers pourtant budgétisés et planifiés.

Le constat est donc double pour la wilaya de Tizi Ouzou. D’un côté, une tendance positive se dessine avec la progression du taux de consommation. De l’autre, les obstacles structurels restent nombreux : maîtrise insuffisante des coûts, blocages de chantiers, oppositions locales.

Pour franchir un nouveau palier en 2026, les autorités locales devront impérativement débloquer les projets en souffrance et améliorer le pilotage des marchés publics. C’est à ce prix que Tizi Ouzou pourra enfin se rapprocher de la moyenne nationale

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