Un scandale de corruption sans précédent frappe le corps diplomatique espagnol en Algérie, suite au démantèlement d’un réseau criminel structuré au sein même du Consulat général d’Espagne à Alger, rapporte le médiaespagnol The Objective.
Le Tribunal central d’instruction numéro trois de l’Audience nationale, sous la direction de la juge María Tardón, a ordonné ce vendredi l’arrestation sur le territoire national espagnol de Vicente Moreno, qui exerçait jusqu’à récemment les fonctions de vice-consul et de chancelier à Alger.
L’enquête, baptisée opération « Jazira-Cova », a été menée par l’Unité de lutte contre la criminalité économique et fiscale (UDEF) avec l’appui du Parquet anticorruption. Elle a également conduit à l’interpellation de Mohamed Boutechint, un ressortissant algérien employé au consulat et décrit comme l’homme de confiance absolue du diplomate. Selon les sources policières, citées par le média espagnol, cette structure facilitait l’octroi de visas Schengen en échange de compensations financières occultes. Le réseau aurait ensuite blanchi une partie de ses gains illicites en Espagne par le biais d’un circuit d’achat de véhicules et de divers produits financiers.
Les investigations ont donné lieu à deux perquisitions majeures dans les localités de Sagunto, dans la province de Valence, et de Torrevieja, à Alicante. Lors de ces interventions, les agents de l’UDEF et de la surveillance douanière ont saisi la somme de 10 890 euros en espèces, ainsi que quatre téléphones portables, deux ordinateurs portables et dix-sept clés USB. Parallèlement, la justice a ordonné le gel d’un bien immobilier situé à Madrid. Une troisième employée de la mission diplomatique, secrétaire du consul actuel Gauden Villas, est mise en examen dans cette affaire, bien qu’elle n’ait pas été placée en détention.
Dysfonctionnements administratifs et soupçons de fraude
Ce scandale met en lumière des dysfonctionnements administratifs profonds au sein de la légation d’Alger, déjà sous surveillance du ministère des Affaires étrangères depuis plusieurs mois pour des soupçons de signatures irrégulières. L’enquête révèle que Vicente Moreno aurait notamment authentifié des documents officiels ou rejeté des demandes de visas en usurpant le nom de l’ancienne consule, Miriam de Andrés, alors que celle-ci avait déjà quitté ses fonctions. Cette situation intervient dans un climat de tension, plusieurs chefs d’entreprise espagnols ayant dénoncé un blocage systématique des visas de travail par le consulat, qualifiant ces pratiques de « sabotage » des relations bilatérales.
Face à la gravité des faits, l’Unité de lutte contre la criminalité économique et fiscale a demandé la conservation immédiate de tous les dossiers administratifs et des courriers électroniques professionnels liés à l’octroi de ces visas jugés frauduleux. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a confirmé avoir été informé de ces arrestations et a précisé qu’une inspection interne est actuellement en cours pour déterminer l’ampleur des complicités au sein des services consulaires. Les deux principaux suspects restent en garde à vue ce samedi avant d’être présentés prochainement devant l’autorité judiciaire.
Trafic de visas au Consulat d’Espagne à Alger : arrestation du Vice-consul et d’un complice algérien

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