La visite de Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), à Alger s’achève ce lundi après cinq jours de rencontres avec les entrepreneurs français implantés en Algérie et leurs partenaires algériens du Conseil du renouveau économique algérien (CREA).
Un silence radio de part et d’autre
Mais cette visite est cependant entourée d’un silence total des deux côtés. Coté francais, la discrétion est devenue une obligation dans le dossier algerien : « Nous avons convenus de ne pas communiquer. Nous laissons le MEDEF faire sa déclaration », répond une source contactée par Maghreb Emergent . Celle-ci interviendra probablement après le retour de Patrick Martin à Paris.
Les tweets qui balisent le terrain
Deux publications récentes de Patrick Martin sur X éclairent son approche. Avant son départ, il qualifiait l’Algérie de « partenaire clé de la France », avec « plusieurs milliers d’entreprises implantées » de part et d’autre et un « fort potentiel économique », selon lui. À son arrivée, il réaffirmait : « Je crois profondément à la diplomatie économique ».
Son programme est précis : « Durant mon séjour, j’irai à la rencontre des entreprises françaises et algériennes, ainsi que des acteurs binationaux qui font le lien au quotidien». Au sujet des binationaux, il ajoute : « Ils incarnent le cœur vivant d’un avenir économique partagé entre nos deux pays. »
L’invité du patronat algérien aura vraisemblablement une prise de parole après une audience auprès du président Abdelmadjid Tebboune, fidèle à sa doctrine d’accueil systématique des personnalités en visite à Alger, qu’elles soient politiques, économiques, culturelles ou sportives.
Un remake du scénario marocain ?
Annoncée fin 2025 et début 2026, cette visite avait été reportée en raison d’un climat bilatéral encore tendu. Elle intervient après celle du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, et de celle de Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie. Soit un ordre chronologique politique, institutionnel, puis économique, signe d’un dégel progressif.
En 2024, le MEDEF avait contribué au dénouement des relations franco-marocaines, relançant investissements et projets industriels. À Alger, Patrick Martin réplique ce scénario en pariant sur une « troisième voie » économique. Un scénario que certains milieux politiques français ne souhaitent pas, leur scepticisme affiché quant à l’accueil algérien cachant une arrière-pensée : freiner tout réchauffement entre Alger et Paris.


