Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a une nouvelle fois exprimé son mécontentement face à la situation de la filière de la viande rouge en Algérie. Lors de son entretien accordé lundi à la presse nationale, le chef de l’État a estimé que cette branche demeure l’une des rares du secteur agricole à ne pas avoir atteint l’objectif d’autosuffisance fixé par les pouvoirs publics.
Alors que plusieurs filières agricoles ont enregistré des progrès importants ces dernières années, la production nationale de viande rouge reste insuffisante pour répondre à la demande du marché. Cette situation oblige l’Algérie à recourir régulièrement aux importations afin d’assurer l’approvisionnement et de limiter les tensions sur les prix.
L’importation devait faire baisser les prix
Le président Tebboune a rappelé que l’autorisation d’importer de la viande rouge n’avait qu’un seul objectif : faire baisser les prix et rendre ce produit plus accessible aux familles algériennes.
Cependant, selon le chef de l’État, les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Malgré un coût d’importation nettement inférieur à celui de la viande produite localement, la viande importée est commercialisée à des niveaux de prix comparables à ceux de la viande fraîche locale.
Le président a cité l’exemple d’une viande vendue à plus de 2 000 dinars le kilogramme, alors qu’elle est importée à un coût bien plus faible. Une situation qu’il juge inacceptable.
Tebboune pointe du doigt la spéculation
Pour Abdelmadjid Tebboune, cette hausse des prix ne peut être justifiée par les coûts d’importation. Le président estime que des pratiques spéculatives empêchent les consommateurs de bénéficier de la baisse des coûts d’approvisionnement.
Selon lui, les importations ont été autorisées afin de casser les prix sur le marché national. Or, les ménages continuent de payer la viande importée pratiquement au même tarif que la viande locale, ce qui prive les familles de l’effet recherché par cette mesure.
Le chef de l’État a ainsi dénoncé une situation qui pénalise directement le pouvoir d’achat des Algériens et a appelé à mettre un terme à ces pratiques.
L’autosuffisance reste un objectif prioritaire
Le président de la République a également insisté sur la nécessité de développer davantage la production nationale afin de réduire la dépendance aux importations.
Pour lui, l’autosuffisance en viande rouge demeure un objectif stratégique que l’Algérie doit impérativement atteindre. Malgré les efforts engagés ces dernières années dans plusieurs secteurs agricoles, cette filière accuse encore un retard important.
Le développement de l’élevage, l’amélioration des capacités de production et une meilleure organisation de la filière figurent parmi les leviers identifiés pour réduire les importations et stabiliser durablement les prix sur le marché national.
Les déclarations du président Tebboune laissent entrevoir un renforcement des contrôles sur les circuits de commercialisation de la viande importée. Les pouvoirs publics cherchent à s’assurer que les avantages liés aux importations profitent réellement aux consommateurs et non aux intermédiaires.
En réaffirmant sa volonté de lutter contre la spéculation et de garantir des prix plus abordables, le chef de l’État adresse un signal clair aux acteurs de la filière. L’objectif reste inchangé : permettre aux familles algériennes d’accéder à la viande rouge à des prix conformes aux efforts consentis par l’État pour soutenir les importations et préserver le pouvoir d’achat.


