La transition vers la voiture électrique en Algérie ne s’est toujours pas produite. Pourtant, les autorités affichent une volonté claire d’accélérer ce virage. Elles cherchent à s’aligner sur les transformations rapides du marché automobile mondial. Cependant, sur le terrain, la réalité reste très différente.
En 2025, la quasi-totalité des véhicules immatriculés fonctionne encore avec une motorisation thermique. L’hybride et le 100 % électrique restent marginaux. Dans les rues algériennes, la voiture électrique est rare. D’ailleurs, le passage d’un modèle comme Tesla Model 3 attire souvent l’attention des passants. Ce constat illustre le faible niveau de pénétration de cette technologie.
Pourtant, le gouvernement a multiplié les mesures incitatives. D’abord, il a mis en place des avantages fiscaux pour encourager l’achat de véhicules électriques. Ensuite, ces voitures sont exonérées de la vignette automobile. À l’inverse, les véhicules essence, diesel ou GPL restent soumis à cette taxe. De plus, les autorités ont affiché leur volonté de créer un environnement favorable aux constructeurs souhaitant s’installer en Algérie.
Malgré ces efforts, plusieurs obstacles freinent cette transition. Le premier concerne les infrastructures. Le réseau de bornes de recharge reste très limité. L’entreprise Sonelgazprévoit l’installation d’environ 1 000 bornes sur le territoire national. Toutefois, ce chiffre reste insuffisant pour un pays aussi vaste. En outre, certaines bornes ne sont pas fonctionnelles. Par conséquent, utiliser une voiture électrique comporte des risques, notamment celui de se retrouver avec une batterie à plat.
Le deuxième frein est lié à l’absence de réseau de distribution. En effet, il n’existe pas encore de concessionnaires spécialisés dans la voiture électrique en Algérie. L’offre reste limitée. Ainsi, l’accès à ces véhicules demeure difficile pour les consommateurs.
Par ailleurs, les projets industriels accusent un retard important. Le partenariat entre Cevital et Great Wall Motors pour produire des véhicules hybrides à Aïn Defla n’a pas encore abouti. De même, le projet d’implantation d’une usine de voitures électriques dans la wilaya de Naâma tarde à se concrétiser.
Ce retard a un coût économique important. Les véhicules thermiques consomment de grandes quantités de carburant. Or, ces volumes pourraient être orientés vers l’exportation afin de générer davantage de devises. Ainsi, le développement de la voiture électrique représente aussi un enjeu stratégique pour l’économie nationale.
La voiture électrique peine à s’imposer en Algérie. Les intentions politiques existent. Toutefois, les contraintes structurelles persistent. Sans infrastructures adaptées, sans réseau de distribution et sans production locale, cette transition risque de rester limitée dans les années à venir.


