En marge d’une session bilatérale à Niamey, hier mardi, Hakim Zebiri a annoncé que les foreuses de Sonatrach entreront en activité au champ de Kafra «dans les prochains jours», dès réception du matériel sur site, rapporte l’APS. Le directeur de la coopération internationale au ministère algérien des Hydrocarbures et des Mines a précisé que les études préliminaires sont achevées et que le démarrage effectif est prévu pour le début du mois d’avril.
«Une étape concrète importante»
La déclaration intervient à l’issue de la 2e session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne de coopération, tenue les 23 et 24 mars dans la capitale nigérienne. La réunion était coprésidée par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et son homologue nigérien Ali Lamine Zeine Mahaman, en présence d’une délégation comprenant plusieurs membres des deux gouvernements.
Zebiri a qualifié l’opération de forage d’«étape concrète importante vers la valorisation des ressources énergétiques au Niger». Le bloc de Kafra contiendrait plus de 260 millions de barils de réserves récupérables, selon la télévision publique nigérienne. Son exploitation pourrait porter la production nationale à environ 90 000 barils par jour, un saut significatif pour un pays dont la production reste encore marginale à l’échelle régionale. Le champ n’a jamais fait l’objet d’une exploitation commerciale. Les résultats du forage détermineront la viabilité économique du projet.
Niamey diversifie ses partenaires
La partie nigérienne a proposé d’octroyer à l’Algérie des blocs d’exploration supplémentaires, une offre que Zebiri a présentée comme le signe de la «grande confiance accordée à l’expertise algérienne, notamment à travers le Groupe Sonatrach». Ce permis, d’une superficie de 23 737 km², fait l’objet d’un contrat de partage de production entre la filiale Sipex de Sonatrach et les autorités nigériennes, renouvelé en février 2022. La crise algéro-nigérienne, née en avril 2025 lorsque Niamey rappela son ambassadeur en solidarité avec le Mali, s’est dénouée en février 2026 avec le retour simultané des ambassadeurs. Le rapprochement a depuis pris une tournure résolument énergétique.
Formation et laboratoire d’analyse
Les deux délégations ont arrêté plusieurs engagements de coopération technique, notamment le renforcement des programmes de formation des cadres nigériens dans les spécialités liées aux hydrocarbures, et la mise en place d’un laboratoire spécialisé pour l’analyse d’échantillons pétroliers. Ces deux volets visent à développer les capacités scientifiques nationales du Niger à moyen terme.
Le dossier Kafra s’inscrit par ailleurs dans un agenda énergétique bilatéral plus large. Le gazoduc transsaharien (TSGP), dont l’investissement est estimé à 13 milliards de dollars pour une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, a franchi en février 2025 une nouvelle étape avec la signature d’accords tripartites entre Alger, Abuja et Niamey. La date de la prochaine session de la commission mixte n’a pas encore été communiquée.


