Selon les dernières données publiées par le baromètre Digitrips/L’Écho touristique, les billets d’avion entre la France et l’Algérie poursuivent leur envolée. En mai 2026, le prix moyen d’un billet vers l’Algérie a atteint 423 euros, soit une hausse de 21 % sur un an. Un niveau largement supérieur à celui observé pour le Maroc et la Tunisie.
Cette augmentation intervient alors que le marché aérien français montre des signes de ralentissement. Selon la même source, les ventes de billets d’avion ont reculé d’environ 25 % en mai, poussant de nombreuses compagnies à ajuster leurs tarifs pour stimuler les réservations de dernière minute.
L’Algérie en tête des destinations maghrébines les plus chères
Les chiffres du baromètre Digitrips/L’Écho touristique montrent un écart important entre les trois pays du Maghreb.
En mai 2026, un billet vers l’Algérie coûte en moyenne 423 euros. À titre de comparaison, le billet moyen vers le Maroc s’établit à 341 euros, en baisse de 4 % sur un an. La Tunisie affiche pour sa part un tarif moyen de 376 euros, avec une hausse limitée à 2 %.
L’écart est significatif. Voyager vers l’Algérie revient en moyenne à payer 82 euros de plus qu’un voyage vers le Maroc et 47 euros de plus qu’un déplacement vers la Tunisie.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les compagnies aériennes évoquent notamment les surcharges carburant, la forte demande sur certaines périodes de l’année ainsi que la concentration du trafic sur quelques lignes très fréquentées.
Les vacances scolaires, la saison estivale, les fêtes religieuses et les grands départs de la diaspora continuent d’exercer une forte pression sur les prix.
Une hausse plus forte que celle des vols vers les États-Unis
L’autre enseignement de ce classement concerne l’ampleur de la hausse enregistrée par la destination algérienne.
Avec une augmentation de 21 %, l’Algérie dépasse même les États-Unis, où les billets ont progressé de 16 % sur un an selon le même baromètre.
Cette situation interroge alors que l’Algérie poursuit l’ouverture de nouvelles lignes aériennes vers plusieurs destinations en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Malgré cette dynamique, les liaisons entre Alger et les principales villes françaises demeurent parmi les plus coûteuses.
Le paradoxe est souvent relevé par les voyageurs. L’Algérie reste l’un des principaux producteurs de pétrole et de gaz de la région, mais les tarifs aériens entre les deux rives de la Méditerranée continuent de peser lourdement sur le budget des familles.
Ventes en baisse de 25 % : la diaspora algérienne sous pression
Le recul de 25 % des ventes de billets d’avion observé sur le marché français en mai illustre également les difficultés rencontrées par de nombreux voyageurs.
Face à la hausse continue des tarifs, une partie de la diaspora algérienne réduit ses déplacements ou reporte ses voyages. D’autres privilégient des destinations concurrentes, où les prix restent plus accessibles.
Malgré cette pression sur les budgets, l’Algérie demeure une destination majeure au départ de la France. Le pays occupe la 7e place des destinations les plus réservées en mai 2026.
Toutefois, elle perd trois places par rapport à l’année précédente. Un recul qui pourrait refléter l’impact croissant des prix élevés sur les habitudes de voyage des Algériens établis en France.
À l’approche de l’été, la question du coût des billets entre la France et l’Algérie reste plus que jamais au cœur des préoccupations de la diaspora, alors que les réservations pour les vacances battent leur plein.


