Affaire Christophe Gleizes : la Cour suprême clôt le dossier

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Christophe Gleizes, collaborateur des magazines So Foot et Society. (DR)

Évolution dans le dossier du journaliste français Christophe Gleizes, en prison depuis une année pour « apologie du terrorisme ». Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, ses avocats, Me Bakouri et Me Daoud annoncent que la Cour suprême a clos définitivement le dossier.

« Une étape déterminante vient d’être franchie concernant la situation juridique de Monsieur Christophe Gleizes, marquant la clôture définitive du volet judiciaire de cette affaire”, note le communiqué.

“Par un arrêt rendu le 25 mai 2026, la Cour suprême a définitivement statué. La haute juridiction a officiellement pris acte du désistement de pourvoi de Monsieur Christophe Gleizes et a rejeté au fond le pourvoi qui avait été introduit par Monsieur le Procureur général près la Cour de Tizi Ouzou”, précise le texte.

Pour les avocats, cet arrêt de la Cour suprême met un terme définitif à l’ensemble des procédures. “La condamnation revêt désormais l’autorité de la chose jugée. Toutes les voies de droit, ordinaires et extraordinaires, étant aujourd’hui épuisées, la décision est devenue irrévocable”.

Sur le plan strictement légal, le caractère définitif de cette sentence lève le dernier obstacle technique qui s’opposait à la mise en œuvre d’une mesure de clémence. Monsieur Christophe Gleizes remplit désormais l’intégralité des conditions requises et se trouve, à compter de ce jour, pleinement graciable.

“Le débat juridictionnel étant désormais clos, l’avenir de Monsieur Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président de la République”, selon le communiqué.

D’où l’appel des avocats à une mesure de clémence en faveur de leur client.

“Au nom de sa défense et de ses proches, le vœu est formellement exprimé que la mesure de grâce présidentielle soit accordée dans les plus brefs délais, afin d’apporter un dénouement rapide et humain à cette affaire. »

Une affaire devenue emblématique

Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison ferme par la justice algérienne pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». Le journaliste avait été arrêté en mai 2024 alors qu’il réalisait un reportage en Kabylie autour du club de football de la JS Kabylie. Les poursuites reposent notamment sur des échanges et entretiens réalisés dans le cadre de son travail avec une personnalité liée au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste par les autorités algériennes. Après treize mois de contrôle judiciaire, il avait été incarcéré à l’issue de sa condamnation en première instance, ensuite confirmée en appel.

Début mai, le journaliste avait renoncé à son pourvoi en cassation afin de favoriser une éventuelle mesure de grâce. Ses soutiens estimaient alors qu’il n’existait pratiquement plus d’obstacle juridique à une telle décision.

Un dossier au cœur du réchauffement franco-algérien

Cette évolution intervient dans un contexte de détente progressive entre Alger et Paris après de longs mois de tensions diplomatiques. Plusieurs responsables français ont multiplié les démarches discrètes en faveur du journaliste, tandis que Reporters sans frontières, de nombreuses rédactions et des personnalités du monde culturel et sportif ont appelé à sa libération.

Ces dernières semaines, le cas Christophe Gleizes a également figuré parmi les dossiers sensibles évoqués dans le cadre de la reprise du dialogue politique et judiciaire entre les deux pays. Le déplacement à Alger du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, s’est inscrit dans cette dynamique de relance de la coopération bilatérale après plusieurs mois de crispations.

Du côté français, les appels à une grâce présidentielle se sont intensifiés. La famille du journaliste, ses avocats, Reporters sans frontières ainsi que plusieurs responsables politiques considèrent désormais que seule une décision du président Abdelmadjid Tebboune peut permettre sa libération rapide. Avec l’arrêt de la Cour suprême annoncé par ses avocats, la procédure judiciaire est désormais close et le dossier entre dans une phase exclusivement politique et humanitaire

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