Albares attendu à Alger : Madrid veut plus de gaz algérien

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José Manuel Albares et son homologue algérien Ahmed Attaf.

Albares se rend la semaine prochaine à Alger pour obtenir davantage de gaz algérien via le Medgaz. La guerre en Iran a replacé Sonatrach au centre du jeu énergétique espagnol.

En février 2026, Albares qualifiait les échanges commerciaux algéro-espagnols de “moment extraordinaire” devant Attaf à Madrid. Trois semaines plus tard, une usine de gaz qatarie était soufflée par un drone iranien et le TTF s’envolait de 60 %. Le ministre espagnol reprend l’avion pour Alger, cette fois avec autre chose en tête que les céramiques andalouses.

Il y portera notamment une demande que la géopolitique a rendue soudainement pressante, celle d’obtenir que le gazoduc Medgaz fonctionne à pleine capacité, soit 32 millions de mètres cubes par jour contre 28 millions en moyenne en janvier et février selon Bloomberg. Le gouvernement Sánchez travaille à cette option aux côtés de Naturgy, selon Bloomberg, qui cite des sources proches des discussions. Le volume supplémentaire potentiel est estimé entre 0,5 et un milliard de mètres cubes par an par des sources de marché.

Depuis l’ouverture des hostilités fin février, le TTF (Title Transfer Facility), référence européenne du gaz naturel, a progressé de près de 60 %. La fermeture du détroit d’Ormuz et l’arrêt début mars de Ras Laffan, la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde atteinte par un drone iranien, ont précipité une onde de choc dont Madrid cherche à amortir les effets sur les consommateurs. Un paquet de mesures est attendu vendredi.

Un partenaire stratégique, fiable et constant

L’Algérie couvrait en 2025 quelque 34,56 % des importations gazières espagnoles, avec 128 502 GWh livrés, devançant les États-Unis. Cette position de premier fournisseur n’a jamais été remise en cause, même au plus fort de la crise diplomatique de 2022, quand Sánchez avait soutenu le plan marocain d’autonomie sur le Sahara occidental et qu’Alger avait suspendu le traité d’amitié et fermé le gazoduc Maghreb-Europe qui transitait par le Maroc. Les contrats gaziers liant Sonatrach à ses partenaires espagnols ont continué à être honorés sans interruption. Albares lui-même qualifiait en février 2026 l’Algérie de partenaire «stratégique, fiable et constant» lors de sa rencontre avec Attaf à Madrid.

C’est précisément cette fiabilité préservée quand elle coûtait le plus cher qui confère aujourd’hui à Alger un levier que peu de capitales européennes lui contestent. Madrid sollicite un service concret, dans une relation bilatérale qui se reconstruit prudemment depuis deux ans. Alger n’a, pour l’heure, rien demandé publiquement en échange.

Moins de GNL américain

La presse espagnole ne s’en cache pas. Les États-Unis sont devenus en 2025 le deuxième fournisseur de gaz de l’Espagne, portés par le GNL et par l’accord-cadre transatlantique de juillet 2025. Depuis, Sánchez et Trump se sont ouvertement accrochés autour de la guerre en Iran. Du gaz algérien en plus, c’est du GNL américain en moins. Madrid encaisse le bénéfice sans avoir à le revendiquer.

L’opération prendra plusieurs mois si elle aboutit. Elle suppose qu’Alger y trouve son compte, que Sonatrach dispose des volumes nécessaires et que les deux gouvernements s’accordent sur un prix. Trois conditions que le voyage d’Albares ne suffira pas, à lui seul, à réunir.

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