Algérie : les prix des cacahuètes atteignent des niveaux records

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Les cacahuètes atteignent des sommets sur les marchés algériens. Pour la première fois, le kilogramme dépasse le seuil des 460 dinars en gros et 530 dinars au détail. Une flambée inédite qui inquiète commerçants et consommateurs.

Sur les marchés de gros, le kilogramme de cacahuètes s’affiche désormais entre 430 et 460 dinars. Dans les commerces de détail, les prix grimpent entre 470 et 530 dinars le kilo. Par rapport au mois de mars, la hausse atteint 80 à 100 dinars par kilogramme. Un record absolu pour ce produit largement consommé en Algérie.

Trois facteurs expliquent cette envolée

Un gérant d’une grande superette à Bouira, interrogé par Maghreb Emergent, identifie trois causes principales à cette situation.

Premièrementles restrictions imposées par les pouvoirs publics sur les importations de biens et de services. Ces mesures ont drastiquement réduit les volumes importés. Mécaniquement, une offre plus faible tire les prix vers le haut. Le marché des cacahuètes subit directement cette politique.

Deuxièmement, la demande augmente fortement en cette période de l’année. L’approche de la fête de l’Aïd et des grandes vacances d’été stimule les achats. Les cacahuètes occupent une place centrale dans la préparation des gâteaux servis lors des fêtes religieuses et des mariages. Cette hausse saisonnière de la demande, combinée à la réduction de l’offre, crée une pression supplémentaire sur les prix.

Troisièmement, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèsent sur les coûts. Depuis le 28 février, date du début des hostilités, les tarifs du fret maritime ont explosé. Les prix des produits agricoles à l’international ont suivi la même tendance. Or, les cacahuètes commercialisées en Algérie proviennent essentiellement du Brésil. Le marché algérien suit donc directement l’évolution des cours mondiaux.

Une situation qui pourrait encore se dégrader

Selon notre source, la hausse n’est pas terminée. Les prix des cacahuètes pourraient continuer à progresser dans les prochains jours et prochaines semaines. Aucun signal ne laisse entrevoir une détente à court terme.

En effet, les causes structurelles persistent. Les restrictions à l’importation restent en vigueur. La demande atteindra son pic lors de l’Aïd. Les coûts du transport maritime continuent de peser sur les prix des produits importés.

Cette flambée des cacahuètes illustre une réalité plus large. La conjonction de politiques restrictives à l’importation et de chocs externes fragilise la stabilité des prix sur le marché algérien. Les produits de grande consommation subissent de plein fouet ces tensions cumulées. Pour les ménages algériens, chaque fête devient un peu plus coûteuse.

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