Classement Forbes 2026 : Issad Rebrab et sa famille, douzième fortune arabe

Forbes Middle East classe en 2026 la famille Rebrab (Cevital) à 3,6 milliards de dollars, 12e fortune arabe. Seul nom algérien dans un palmarès de 36 milliardaires plus riches malgré leur raréfaction, mais avec un patriarche écarté de la gestion depuis 2023.

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Issad Rebrab et sa famille occupent le 12ᵉ rang du classement Forbes Middle East 2026, avec 3,6 milliards de dollars. (DR)
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Le palmarès 2026 recense 36 milliardaires arabes sur sept pays, pour 137,3 milliards de dollars au total, en hausse de 8,9 milliards par rapport à 2025 malgré la baisse de 39 à 36 noms. L’Arabie saoudite domine avec 11 milliardaires (49 milliards), suivie des Émirats arabes unis (7, 35,4 milliards), de l’Égypte et du Liban (6 chacun). L’Algérie reste l’unique représentée avec les Rebrab, soit 2,6% du total, derrière le Maroc (3,4%, trois milliardaires) .

D’un PDG conquérant à un patriarche écarté

Cinquième fortune africaine en 2021 avec 5,1 milliards de dollars, Issad Rebrab en pèse aujourd’hui 3,6. Le retournement se lit dans le calendrier judiciaire algérien autant que dans les bilans européens du groupe.

Le 31 décembre 2019, le tribunal de Sidi M’Hamed le condamne à dix-huit mois de prison, dont six fermes, et à 1,3 milliard de dinars d’amende, pour surfacturation d’équipements importés par EvCon, filiale de Cevital. Il a déjà purgé huit mois de détention provisoire. En juin 2022, après deux ans de transition, il transmet la présidence du groupe à son fils Malik. Onze mois plus tard, le 23 mai 2023, le juge d’instruction du pôle pénal économique et financier lui interdit « toute activité commerciale ou toute autre mission en sa qualité d’administrateur ou de membre du Conseil d’administration ou de toute activité de gestion au sein de l’entreprise ». La mesure court toujours.

Le tour de vis n’épargne pas la génération suivante. Une injonction judiciaire du 9 juillet 2025 frappe Omar Rebrab, fils aîné du fondateur, d’interdiction bancaire et commerciale sur le territoire national. La direction opérationnelle repose désormais sur Malik seul.

L’effondrement européen du périmètre

Le patrimoine de 3,6 milliards de dollars retenu par Forbes intègre Cevital, le Groupe Brandt en France, Alas Iberia en Espagne, Oxxo et plusieurs actifs immobiliers. Ce périmètre n’a pas tenu jusqu’à la publication du classement.

Le 13 mars 2026, douze jours après la date de cristallisation des chiffres retenus par Forbes (1ᵉʳ mars 2026), le tribunal d’Orléans a validé la cession des marques Brandt, Sauter et De Dietrich au groupe Cafom pour 18,6 millions d’euros. Sept cents salariés ont été licenciés. Une soixantaine d’anciens employés attaquent Cevital en justice devant le même tribunal, avec un argument qui éclaire la suite : la situation judiciaire de l’actionnaire algérien aurait perturbé la gouvernance européenne du groupe, et tari les flux de financement vers la France. Cevital avait racheté Brandt en 2014 pour 220 millions d’euros et une promesse de montée en gamme. La revente s’effectue, douze ans plus tard, à un dixième de ce montant.

Le scénario européen reproduit un précédent. L’aciérie italienne de Piombino, rachetée en 2015 pour relancer une filière sidérurgique reliée à l’Algérie, avait été revendue à JSW Steel en 2018 après le blocage par la Banque d’Algérie des transferts de devises nécessaires au financement du projet. Le partenariat brésilien noué avec Vale dans l’État du Pará n’avait alors jamais vu le jour.

Un capital arrêté à l’étranger, immobilisé en Algérie

Ce que le classement Forbes acte, sans le formuler, c’est la fin d’un modèle. Rebrab avait construit Cevital sur la promesse d’un capitalisme industriel algérien projeté hors de ses frontières-sidérurgie italienne, minerai brésilien, électroménager français, aluminium espagnol. Chaque branche internationale s’est effondrée ou a été cédée. À Béjaïa, l’usine de trituration de graines oléagineuses, inaugurée en mai 2023 quelques jours avant l’interdiction du fondateur, reste l’un des rares investissements industriels récents tenus.

Le palmarès thématique 2026 sur les fortunes arabes dans l’immobilier illustre, par contraste, ce qui prospère ailleurs. Il est dominé par les développeurs émiratis et saoudiens : Hussain Sajwani (15,3 milliards de dollars, DAMAC Properties) et son fils Abbas Sajwani (1,9 milliard, AHS Properties, 26 ans), désormais plus jeune milliardaire arabe du classement. Foncier, luxe, branding international, hospitality. Le modèle régional s’éloigne de la sidérurgie et de l’agro-industrie de Rebrab.

Au Maroc, les trois milliardaires recensés, à savoir Othman Benjelloun (BANK OF AFRICA), Aziz Akhannouch (Akwa Group, chef du gouvernement) et Anas Sefrioui (Groupe Addoha), opèrent dans des secteurs régulés mais sans interdiction de gestion à leur encontre.

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