La Chambre nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a publié, ce mardi 7 avril 2026, un communiqué rappelant une règle stricte aux professionnels du secteur. Désormais, la rédaction des rapports de commissariat aux comptes pour l’exercice 2025 doit obligatoirement s’effectuer en langue arabe.
Cette directive, signée par le président de la Chambre, M. Mohamed Yahiaoui, marque une rupture avec la pratique habituelle. En effet, les commissaires aux comptes avaient, jusqu’à présent, la possibilité de rédiger leurs rapports de mission en langue française. Cette nouvelle obligation impose une mise en conformité immédiate avec la législation nationale.
Une généralisation de l’arabe dans tous les secteurs
Cette décision s’inscrit dans une démarche globale adoptée par les pouvoirs publics ces dernières années. Cette politique consiste à généraliser l’utilisation de la langue arabe dans l’ensemble des secteurs d’activité du pays. En harmonisant les documents officiels, l’État renforce l’usage de la langue nationale dans les sphères administratives, juridiques et économiques.
L’objectif est d’unifier les standards rédactionnels afin d’assurer une meilleure lisibilité des informations financières pour toutes les parties prenantes. Cette standardisation facilite le travail des administrations fiscales, des actionnaires et des institutions de contrôle, tout en garantissant une meilleure accessibilité des données économiques au niveau local.
Validité juridique et enjeux professionnels
La Chambre souligne que l’usage de la langue arabe constitue désormais une condition nécessaire à la validité juridique des rapports. Tout non-respect de cette obligation expose les commissaires aux comptes à des poursuites ou à une mise en cause de leur responsabilité professionnelle, conformément aux textes législatifs en vigueur.
Par conséquent, la CNCC encourage les praticiens à faire preuve d’une grande rigueur terminologique. Elle recommande, si nécessaire, le recours à des services de traduction ou de révision linguistique. Cette démarche vise à garantir la précision technique indispensable aux documents financiers et leur conformité aux normes d’audit.
Des difficultés d’adaptation pour les praticiens francophones
Toutefois, cette transition représente un défi de taille pour une partie de la profession. Cette décision pourrait mettre certains commissaires aux comptes en difficulté, en particulier ceux qui ont effectué l’intégralité de leur cursus universitaire et de leur carrière en langue française. La maîtrise de la terminologie technique et comptable en arabe nécessite une adaptation rapide pour éviter toute erreur d’interprétation dans les rapports officiels.
Soucieuse de faciliter ce passage, la Chambre Nationale se tient à la disposition des professionnels pour fournir les éclaircissements techniques nécessaires. Les commissaires aux comptes sont appelés à appliquer cette directive avec rigueur dès la clôture des comptes de l’année 2025, marquant ainsi une étape clé dans l’évolution de la régulation de l’audit en Algérie.


