Le Brent s’effondre à 94 dollars après la trêve entre Washington et Téhéran

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Un peu plus d’une heure avant l’expiration de son propre ultimatum, Donald Trump annonçait la suspension des frappes contre l’Iran. Les marchés pétroliers n’ont pas attendu l’aube pour répondre.

Mercredi 8 avril 2026, les cours du brut ouvraient en chute libre sur les marchés asiatiques. Le Brent de la mer du Nord perdait plus de 13 %, repassant sous la barre symbolique des 95 dollars. Le WTI américain décrochait de près de 15 %. Quelques heures plus tôt, Washington et Téhéran s’étaient mis d’accord sur une trêve de deux semaines.

«J’ai accepté de suspendre les bombardements et les attaques sur l’Iran pour une période de deux semaines», a annoncé Donald Trump sur Truth Social un peu plus d’une heure avant l’échéance de l’ultimatum qu’il avait lui-même fixé à la République islamique. La contrepartie : la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transitait, avant la guerre, 20 % du brut mondial.

«Le principal risque pétrolier à court terme écarté»

Avant ces annonces, le cours du WTI avait flambé d’environ 70 % depuis le début de la guerre fin février, propulsant le Brent à un pic de 119,50 dollars. Dimanche encore, le 5 avril, le Brent naviguait aux alentours de 115 dollars le baril, soutenu par les craintes persistantes d’un embrasement majeur au Moyen-Orient. La correction de mercredi, soit plus de vingt dollars en quelques heures, efface en une séance plusieurs semaines de prime géopolitique accumulée.

«Après une période de forte tension sur les marchés, la réaction immédiate est compréhensible : le cessez-le-feu, et surtout la réouverture partielle du détroit d’Ormuz, écartent le principal risque pétrolier à court terme», observe Charu Chanana, de Saxo Markets. «Une fois que la Maison Blanche a reculé et remplacé l’escalade imminente par un cessez-le-feu conditionnel de deux semaines, le marché du pétrole commence à retrouver un fonctionnement plus fluide et équilibré», abonde Stephen Innes, de SPI Asset Management.

La médiation pakistanaise, verrou de l’accord

Les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord via le Pakistan pour cette trêve de deux semaines, le médiateur assurant que le cessez-le-feu s’applique aussi au Liban. Trump a fait part de discussions «très avancées» en vue d’un accord de paix «à long terme» avec l’Iran, qui a transmis «une proposition en dix points» constituant selon lui «une base viable pour négocier».

Le mouvement s’est étendu bien au-delà du seul pétrole. Les contrats à terme sur le S&P 500 gagnaient 2,2 % et ceux sur le Dow Jones progressaient de 930 points. Les rendements des bons du Trésor américain à dix ans retombaient à 4,24 %, contre 4,30 % plus tôt dans la journée. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne du gaz, plongeait de plus de 19 % à l’ouverture, à 43 euros.

«Beaucoup de choses doivent encore se passer»

La prudence domine pourtant dans les salles de marché. Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee, avertit que «même avec un accord de paix, l’Iran pourrait se sentir encouragé à menacer le détroit d’Ormuz plus fréquemment à l’avenir, et le marché intégrera dans ses prix un risque accru». Vivek Dhar, de Commonwealth Bank, estime qu’«une prime géopolitique significative pourrait se pérenniser dans un avenir prévisible, en fonction des détails de l’accord global».

Ray Attrill, responsable de la stratégie de change à la National Australia Bank, résume l’état d’esprit dominant : «Beaucoup de choses doivent se passer au cours des 14 prochains jours. Les marchés doivent encore faire preuve d’un certain scepticisme.»

L’Iran a précisé que l’accord «ne signifie pas la fin de la guerre» et que Téhéran n’acceptera un cessez-le-feu définitif que lorsque les négociations auront abouti, ces deux semaines pouvant être prolongées «en accord avec les deux parties». Le prix du Brent reste bien supérieur à son niveau du début de la guerre. Les négociations s’ouvrent vendredi à Islamabad.

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