Algérie : les restrictions à l’importation commencent à peser sur l’agriculture

La filière céréalière algérienne alerte sur le manque d'intrants, de pièces de rechange et de produits phytosanitaires, conséquence des restrictions à l'importation. Dimanche, le SG du CNIFC Abdelghani Benali a appelé le nouveau ministre de l'Agriculture à engager rapidement le dialogue avec les professionnels du secteur.

4 min de lecture
importations

Les restrictions appliquées aux importations ne concernent pas uniquement les produits destinés à la consommation ou les biens finis. Elles commencent également à susciter des préoccupations dans le secteur agricole, notamment dans la filière céréalière qui souffre de manque des intrants. C’est le constat dressé ce dimanche 27 septembre 2026 par Abdelghani Benali, secrétaire général du Conseil national interprofessionnel de la filière des céréales (CNIFC), lors de son passage sur la Chaine 2 de la Radio nationale.

Selon le responsable, l’agriculture algérienne fait aujourd’hui face à plusieurs difficultés liées à la disponibilité des intrants, des équipements et des pièces nécessaires au fonctionnement du matériel agricole. Il estime ainsi qu’il devient urgent de faciliter l’importation des pièces de rechange destinées aux machines agricoles, notamment aux tracteurs.

Cette situation se traduit par des difficultés rencontrées par les agriculteurs pour entretenir et réparer leurs équipements. Le problème est particulièrement sensible dans une filière où la disponibilité du matériel conditionne directement le déroulement des différentes opérations agricoles, du travail du sol aux semis et à la récolte.

Le secrétaire général du CNIFC a également évoqué des tensions concernant les produits phytosanitaires et les désherbants. Leur disponibilité constitue un autre enjeu pour les exploitants agricoles, alors que ces produits interviennent directement dans la protection des cultures et la maîtrise des mauvaises herbes.

Des coûts qui pèsent sur les agriculteurs

À ces difficultés s’ajoute une autre préoccupation : une éventuelle hausse prochaine des prix des engrais. Abdelghani Benali a fait état d’informations faisant état d’une augmentation à venir, qui, si elle se confirme, alourdirait davantage les charges supportées par les producteurs.

Pour le responsable, l’ensemble de ces contraintes réduit la rentabilité des exploitations. Il estime que les agriculteurs ont aujourd’hui de plus en plus de difficultés à dégager des revenus suffisants, en raison notamment du coût et de la disponibilité des différents intrants nécessaires à la production.

Les préoccupations concernant le matériel agricole ne sont pas nouvelles. D’autres professionnels du secteur avaient déjà indiqué que les pièces détachées faisaient défaut dans le secteur et que certains producteurs étaient contraints de se tourner vers l’étranger. Ils avaient également souligné les difficultés liées au coût de certains équipements agricoles.

Un appel au nouveau ministre de l’Agriculture

Face à cette situation, le SG du CNIFC appelle à une intervention rapide des pouvoirs publics. Il estime notamment que le nouveau ministre de l’Agriculture doit engager un dialogue avec les professionnels afin d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de prendre les mesures nécessaires.

Abdelghani Benali a toutefois exprimé sa confiance dans le nouveau responsable du secteur, espérant que celui-ci prendra les décisions permettant de débloquer les situations qui pénalisent actuellement les agriculteurs.

Cette sortie intervient alors que la politique d’encadrement des importations demeure un dossier important pour les pouvoirs publics. Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a mis en place un dispositif de programmes prévisionnels d’importation et a apporté, fin août, des clarifications concernant le traitement des demandes de visa déposées par les opérateurs.

Pour les observateurs de l’économie algérienne, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre la régulation des importations et la nécessité de garantir aux secteurs productifs l’accès aux équipements, pièces et intrants indispensables. Il considère que les restrictions, lorsqu’elles entraînent des difficultés d’approvisionnement, peuvent finir par créer des pénuries et, à terme, affecter la production agricole et industrielle.

Partager cet article