C’est le plafond de production auquel l’Algérie est tenue depuis septembre, et qui restera inchangé en octobre. Relevé de 6 000 barils par jour début août lors de la réunion des sept pays de l’Opep+ ayant appliqué des réductions volontaires, ce quota résume à lui seul les marges étroites dans lesquelles évoluent les producteurs de l’alliance.
C’est ce marché que le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le secrétaire général de l’Opep, Haitham Al-Ghais, ont passé en revue dimanche à Alger, au même titre que la gouvernance de l’organisation.
L’entretien, tenu au siège du ministère, s’inscrit dans une visite de travail d’Al-Ghais en Algérie du 26 au 29 septembre. Les échanges ont d’abord porté sur les perspectives du marché pétrolier mondial et sur les défis de l’industrie, puis sur la coordination entre pays signataires de la Déclaration de coopération, socle du mécanisme Opep+.
Une organisation fragilisée par les départs
Une part importante de la discussion a été consacrée au fonctionnement de l’Opep : sa gouvernance, ses priorités, les moyens de renforcer son efficacité face aux mutations du marché de l’énergie. Le sujet n’a rien de théorique. L’organisation ne compte plus que 11 membres depuis le retrait des Émirats arabes unis, effectif le 1ᵉʳ mai 2026. Abu Dhabi, qui avait investi pour porter ses capacités à 5 millions de barils par jour, jugeait trop contraignant un plafond Opep+ de 3,2 millions. Son départ a privé le cartel de l’un des deux seuls membres, avec l’Arabie saoudite, disposant d’une réelle capacité de réserve. La réunion du 3 mai a été la première décision des sept producteurs sans les Émirats, dans un marché bouleversé par la fermeture du détroit d’Hormuz. Depuis, le Venezuela envisage à son tour une sortie, sans décision arrêtée à ce stade.
Dans ce contexte, Arkab a réaffirmé l’attachement de l’Algérie aux principes de dialogue, de concertation, de responsabilité collective et de recherche du consensus qui fondent les travaux de l’Opep et de l’Opep+. Une ligne déjà exprimée par Alger au lendemain de la défection émiratie, lorsque le ministère des Hydrocarbures avait confirmé son engagement dans les deux formats. Al-Ghais a salué le rôle constructif de l’Algérie au sein des deux instances.
Dix ans après l’Accord d’Alger
Les deux responsables ont convenu de poursuivre la concertation sur les dossiers liés au marché pétrolier international. La rencontre a coïncidé avec le dixième anniversaire de l’Accord d’Alger, conclu le 28 septembre 2016 lors de la 170ᵉ réunion extraordinaire de l’Opep, alors que le baril était tombé sous les 50 dollars. Ce texte a ouvert la voie à la Déclaration de coopération signée à Vienne le 10 décembre 2016, acte de naissance de l’Opep+. Une décennie plus tard, l’alliance qu’il a fondée doit composer avec des défections que ses architectes n’avaient pas anticipées.
Soulignons que l’entretien s’est déroulé en présence du président-directeur général de Sonatrach, Noureddine Daoudi, du président de l’Agence nationale de valorisation des ressources en hydrocarbures, Abdelkader Cherfaoui, du président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, Amine Remini, et de plusieurs cadres du secteur.


