Le secrétaire général de l’Opep à Alger pour les dix ans d’une alliance ébranlée

Le secrétaire général de l’Opep, Haitham Al Ghais, est en visite de travail en Algérie jusqu’au 29 septembre, à l’invitation du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Il y marquera les dix ans de l’accord d’Alger, dans une conjoncture peu propice aux réjouissances pour une Opep+ amputée des Émirats arabes unis et confrontée à un marché désorganisé par la crise d’Ormuz.

4 min de lecture
Haitham Al Ghais, secrétaire général de l’Opep, est en visite de travail en Algérie du 26 au 29 septembre 2026. (DR)

Le département de Mohamed Arkab, qui a annoncé la visite, reste peu disert sur son contenu. Le communiqué évoque des entretiens avec plusieurs hauts responsables de l’État, dont le ministre d’État, consacrés à l’évolution du secteur des hydrocarbures et aux perspectives du marché pétrolier mondial. Il y voit une preuve de « la qualité des relations » entre l’Algérie et l’organisation. Le séjour d’Al Ghais englobe le 28 septembre, jour du dixième anniversaire de l’accord conclu dans la capitale en 2016, que les autorités algériennes présentent comme le point de départ de l’Opep+.

Pour rappel, les marchés ne donnaient pas cher de la réunion extraordinaire de l’Opep organisée à Alger en septembre 2016, en marge du Forum international de l’énergie. Le baril avait perdu plus des deux tiers de sa valeur depuis 2014 et les membres du cartel, divisés, ne parvenaient pas à s’entendre. Ils en sont pourtant sortis avec un engagement à plafonner leur production entre 32,5 et 33 millions de barils par jour, ce qui a fait grimper les cours le soir même.

En décembre, à Vienne, la Russie et dix autres producteurs extérieurs à l’organisation se sont joints à l’effort dans le cadre de la Déclaration de coopération, devenue depuis l’Opep+. L’Algérie, qui affirme avoir travaillé pendant dix-huit mois à rapprocher les positions, en revendique la paternité.

L’alliance affaiblie par le départ émirati

Les Émirats arabes unis ont quitté l’Opep et l’Opep+ le 1er mai, après près de soixante ans d’adhésion, en invoquant leur intérêt national. Abou Dhabi, qui a beaucoup investi pour augmenter ses capacités de production, contestait depuis des années un quota qu’il jugeait insuffisant. Le cartel perd avec lui son troisième producteur, un départ d’une autre ampleur que ceux du Qatar ou de l’Angola.

Sur le marché, la guerre américano-israélienne contre l’Iran continue de perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz, si bien que les volumes réellement exportés par les pays du Golfe restent très en deçà des quotas votés chaque mois par l’alliance, selon des sources citées par Reuters.

Côté algérien, la ligne n’a pas bougé. Au lendemain de l’annonce émiratie, le ministère des Hydrocarbures a réaffirmé l’attachement du pays à l’organisation, rappelant que le développement de l’industrie pétrolière et gazière nationale est « historiquement et structurellement lié à l’Opep ». Avec un quota qui vient tout juste de dépasser le million de barils par jour, l’Algérie reste un producteur de second rang au sein du groupe. Elle participe cependant à toutes ses instances, du comité ministériel de suivi aux réunions restreintes des sept pays qui ajustent volontairement leur production, ce qui lui donne voix au chapitre au-delà de son poids en barils.

Le dossier le plus lourd des prochains mois porte sur les quotas de 2027. Le plafond de production actuel de l’alliance expire à la fin de l’année, et les nouveaux niveaux doivent être établis à partir d’un audit des capacités de chaque membre, confié au cabinet texan DeGolyer and MacNaughton, dont le rapport est attendu d’ici la fin du mois. L’Irak réclame déjà une part plus importante. Les sept pays à ajustements volontaires, dont l’Algérie, se réuniront de nouveau le 4 octobre, la veille de l’ouverture du NAPEC à Oran.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article