OPEP+ : sept producteurs, dont l’Algérie, relèvent leurs quotas pour juin, première décision sans les Émirats

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Le ministre des hydrocarbures, Mohamed Arkab, participe à la visioconférence ministérielle de l'OPEP+ depuis le siège du ministère, à Alger, dimanche 3 mai 2026. ©APS

Réunis en visioconférence dimanche 3 mai, sept membres de l’alliance OPEP+ ont validé une nouvelle hausse de leurs plafonds de production, dans un marché toujours bouleversé par la guerre américano-israélienne contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Hormuz. La rencontre, la première depuis le retrait des Émirats arabes unis, ne mentionne pas la défection.

L’Algérie, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan et Oman ont décidé de relever de 188 000 barils par jour leur quota de production agrégé à compter du mois de juin 2026, selon le communiqué publié dimanche soir par l’organisation à l’issue de leur réunion virtuelle. La décision s’inscrit dans la poursuite du démantèlement progressif des coupes volontaires additionnelles annoncées en avril 2023, qui plafonnaient l’offre du groupe de 1,65 million de barils par jour.

Pour l’Algérie, l’ajustement reste modeste. Le pays portera son objectif de production à 989 000 barils par jour, soit une hausse de 6 000 barils. La part du lion revient à Riyad et Moscou, qui s’attribuent chacun 62 000 barils supplémentaires, suivis de l’Irak (+26 000), du Koweït (+16 000), du Kazakhstan (+10 000) et d’Oman (+5 000).

Une réunion tronquée par le départ d’Abou Dhabi

L’échéance du 3 mai était scrutée pour une autre raison que la seule arithmétique des barils. C’est la première fois que les sept producteurs se retrouvent sans les Émirats, qui ont officiellement claqué la porte de l’OPEP et du cadre élargi OPEP+ le 1ᵉʳ mai. Annoncée le 28 avril, la décision d’Abou Dhabi met fin à près de six décennies de présence émiratie au sein du cartel, où le pays figurait jusqu’alors comme troisième producteur derrière l’Arabie saoudite et l’Irak.

Le ministre émirati de l’Énergie, Souhail Al Mazrouei, a justifié ce départ par un « examen complet » de la politique de production du pays, évoquant un timing choisi pour minimiser les perturbations sur le marché. En coulisses, les analystes voient surtout l’aboutissement d’un long contentieux. L’OPEP avait alloué aux Émirats un quota d’environ 3,5 millions de barils par jour, alors que la compagnie nationale ADNOC visait une capacité de cinq millions de barils à horizon 2027. Une distorsion devenue intenable, aggravée par les frappes iraniennes sur le territoire émirati au cours des dernières semaines.

Fait notable, le communiqué de dimanche ne souffle mot de cette défection. Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, ce silence vise à signaler que le départ émirati ne perturbera pas le fonctionnement de l’alliance et que celle-ci conserve la main sur le marché mondial.

Une hausse plus symbolique qu’effective

Les 188 000 barils additionnels reproduisent peu ou prou le rythme d’augmentation des mois précédents, une fois retranchée la part émiratie. En mars et avril, l’OPEP+ avait validé deux relèvements consécutifs de 206 000 barils par jour, lorsque les Émirats étaient encore dans la boucle. Mais sur le terrain, ces ajustements relèvent davantage de l’affichage politique que de la réalité physique du marché.

La fermeture du détroit d’Hormuz par l’Iran, en représailles aux frappes américano-israéliennes lancées le 28 février, prive en effet plusieurs producteurs du Golfe, Arabie saoudite, Irak, Koweït, de leur principal exutoire maritime. La production effective de l’OPEP+ assujettie à quota est tombée à 27,68 millions de barils par jour en mars, contre un plafond mensuel de 36,73 millions, soit un déficit de l’ordre de 9 millions de barils par jour selon les données de Rystad Energy. L’écart, presque entièrement imputable aux disruptions de guerre, vide largement de sa substance toute hausse de quota arrêtée à Vienne.

Les prix, eux, restent à des niveaux historiquement élevés. Le Brent a clôturé vendredi en baisse de près de 2 % à 108,17 dollars le baril, tandis que le brut américain WTI cédait 3 % à 101,94 dollars, des cours qui demeurent supérieurs de quelque 78 % à leur niveau de début 2026. Une accalmie liée à la transmission, par l’Iran, d’une nouvelle proposition de paix aux médiateurs pakistanais.

Pour Alger, un répit budgétaire prolongé

Pour le ministère des hydrocarbures, ce nouvel ajustement consolide une trajectoire engagée depuis avril. La sortie progressive du régime de coupes volontaires permet à la Sonatrach de récupérer mètre par mètre des parts de production gelées depuis trois ans. À 989 000 barils par jour, le quota algérien retrouve un niveau qu’il n’avait plus connu depuis l’automne 2022.

Les recettes en devises de l’Algérie restent toutefois moins liées au volume qu’au niveau des prix, lui-même soutenu par la prime de risque géopolitique. Tant que le détroit d’Hormuz demeurera bloqué et que l’Europe cherchera des alternatives au gaz russe et au brut iranien, la position algérienne, productrice de pétrole et de GNL non assujettie aux risques de transit dans le Golfe, conservera une valeur stratégique disproportionnée par rapport à son tonnage réel.

Le communiqué officiel rappelle d’ailleurs que les coupes volontaires d’avril 2023 « pourront être restituées en partie ou en totalité, selon l’évolution des conditions du marché et de manière graduelle ». Une formulation prudente qui laisse aux Sept toute latitude pour suspendre, voire inverser le mouvement si la guerre au Moyen-Orient devait prendre un tour plus dégradé. La prochaine réunion ministérielle est fixée au 7 juin.

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