Algérie : un important projet d’industrie de l’aluminium approuvé

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Usine aluminium (Illustration IA)

La wilaya de Bordj Bou Arréridj s’apprête à accueillir un important projet industriel consacré à l’aluminium. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a annoncé ce dimanche 20 septembre 2026 la remise d’un contrat de concession pour la réalisation d’un complexe intégré de fabrication d’aluminium dans la zone d’activités de la commune d’El Ach.

Implanté sur une superficie de 8 hectares, le projet devrait générer environ 1 000 emplois directs, selon l’AAPI. À ces postes devraient s’ajouter des emplois indirects liés notamment à la sous-traitance, au transport, à la logistique, à la maintenance et aux différents services nécessaires au fonctionnement du complexe.

La réalisation de cette unité pourrait avoir des effets importants sur le tissu économique local. Au-delà des emplois directs, un projet industriel de cette dimension peut en effet entraîner la création de toute une activité autour du site.

Les entreprises de transport, les fournisseurs d’équipements, les sociétés de maintenance, les prestataires de services et les sous-traitants pourraient ainsi bénéficier de l’arrivée de cette nouvelle activité industrielle.

Le projet pourrait également contribuer à renforcer la place de Bordj Bou Arreridj dans les activités industrielles et à attirer, à terme, d’autres investissements liés à la transformation et à l’utilisation de l’aluminium.

L’AAPI n’a toutefois pas précisé l’identité du porteur du projet. L’agence n’a pas non plus indiqué s’il s’agit d’un investissement porté exclusivement par un opérateur algérien ou d’un projet réalisé en partenariat avec un investisseur étranger.

L’énergie, un avantage pour l’industrie de l’aluminium

L’intérêt pour le développement d’une industrie de l’aluminium en Algérie s’explique notamment par le poids de l’énergie dans les coûts de production. La fabrication de l’aluminium primaire par électrolyse est particulièrement énergivore. L’Agence internationale de l’énergie souligne d’ailleurs l’importance des coûts de l’électricité dans la compétitivité de cette industrie.

L’Algérie dispose sur ce plan d’un avantage important. Les prix du gaz naturel et de l’électricité destinés à l’industrie figurent parmi les plus bas de la région MENA. L’OCDE indique notamment que le prix du gaz naturel destiné aux grands consommateurs industriels est fixé à un niveau très inférieur aux coûts de recouvrement et que les tarifs de l’électricité industrielle sont également particulièrement bas dans la région.

Cette disponibilité d’une énergie relativement peu coûteuse constitue donc un argument pour développer des industries fortement consommatrices d’électricité.

Un positionnement géographique favorable

L’Algérie dispose également d’un autre avantage : sa position géographique. Le pays se trouve à proximité de l’Europe, de l’Afrique et des marchés du Moyen-Orient, avec une façade maritime importante et plusieurs infrastructures portuaires permettant d’accéder aux marchés extérieurs.

Le pays cherche par ailleurs à renforcer ses infrastructures minières et portuaires afin de développer davantage ses exportations de produits industriels et miniers. Le projet d’extension du port d’Annaba s’inscrit notamment dans cette dynamique de développement des infrastructures liées aux activités minières et industrielles.

Il convient toutefois de nuancer un autre argument souvent avancé concernant l’aluminium : l’Algérie ne dispose pas actuellement de bauxite, principale matière première utilisée pour produire l’aluminium primaire. Les autorités avaient évoqué en 2024 un projet reposant sur un partenariat avec un producteur africain de bauxite précisément pour cette raison.

Vers une filière algérienne de l’aluminium ?

Avec ses ressources énergétiques, ses infrastructures portuaires, sa position entre plusieurs grands marchés et des coûts de main-d’œuvre généralement inférieurs à ceux des économies européennes, l’Algérie possède plusieurs facteurs favorables au développement d’une industrie de transformation de l’aluminium.

Le nouveau projet de Bordj Bou Arreridj constitue ainsi une nouvelle étape dans cette perspective. S’il est concrétisé conformément aux objectifs annoncés, il pourrait non seulement créer 1 000 emplois directs, mais également favoriser l’apparition d’un réseau de sous-traitants et de fournisseurs autour de l’activité.

À plus long terme, le développement d’une filière intégrée et compétitive pourrait permettre à l’Algérie de produire davantage de produits en aluminium à forte valeur ajoutée et de renforcer sa présence sur les marchés extérieurs.

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