À la mi-journée de ce jeudi, le baril de Brent s’échange autour de 75 dollars sur les marchés internationaux. Quatre mois après avoir culminé à 118 dollars, dans les premières semaines du conflit qui a éclaté le 28 février entre les États-Unis et l’Iran.
En effet, depuis que les pétroliers ont recommencé à emprunter le détroit d’Ormuz avec une certaine régularité, le supplément de risque géopolitique intégré dans les prix fond progressivement. Les traders, selon Reuters, parient désormais sur un retour partiel des exportations iraniennes, dans le sillage de la suspension temporaire des sanctions et des pourparlers en cours.
Avant le conflit, le détroit concentrait entre 125 et 140 traversées de navires par jour, dont quelque 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers. Soit près d’un quart du commerce maritime mondial d’hydrocarbures. Le trafic ne s’est pas rétabli à ce niveau, précisent les analystes, mais la tendance est suffisamment nette pour peser sur les cours.
Les Émirats arabes unis illustrent la reprise partielle. Selon l’Agence internationale de l’énergie, leurs exportations atteignaient début juin environ 4,3 millions de barils par jour, contre 1,9 million en mars. Retour à 85 % du volume d’avant-guerre. Un rattrapage rapide, mais qui laisse 15 % en suspens.
Loin des niveaux d’avant-guerre
Le pétrole américain de référence (WTI) s’établissait à 70,36 dollars mercredi à 15 heures, heure d’Europe centrale. Il évoluait autour de 67 dollars avant le déclenchement des hostilités. Le Brent, lui, avait brièvement passé sous les 74 dollars mercredi, avant de se stabiliser. Les contrats à terme pour livraison le mois prochain se négocient sous les 80 dollars, mais restent au-dessus des 72,48 dollars enregistrés la veille du 28 février.
La chute depuis le pic de guerre avoisine 40 %. Spectaculaire en termes absolus, moins en termes relatifs si l’on considère l’ampleur du choc initial, qui avait propulsé le baril à des niveaux inédits depuis la crise de 2022.
Ce qui reste ouvert
Les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran progressent, reconnaissent les deux parties, sans qu’un accord soit en vue sur les deux points les plus sensibles. Les divergences portent sur les mécanismes d’inspection nucléaire et sur le régime futur des sanctions. Ce sont précisément ces deux questions qui conditionneront l’ampleur du retour iranien sur le marché pétrolier.
Comme les autres membres de l’OPEP+, l’Algérie arbitre entre prix élevés, qui gonflent les recettes d’exportation, et stabilité des marchés, que la présidence américaine réclame ouvertement. Trump a fait de la baisse des prix à la pompe un marqueur politique. Un baril à 75 dollars ne lui déplaît pas.

