Assurance automobile : la branche qui tire le marché algérien vers le haut

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Voitures neuves exposées en showroom à Alger, sur fond de hausse de 11,8% des souscriptions à l'assurance automobile au premier trimestre 2026. (DR)

132 100 nouveaux contrats automobiles ont été souscrits en Algérie entre janvier et mars 2026. Le chiffre, extrait de la Note de conjoncture du premier trimestre publiée par le Conseil national des assurances (CNA), tranche avec la physionomie générale d’un marché des assurances quasiment à l’arrêt, en hausse de seulement 0,2% sur un an. L’automobile, elle, progresse de 11,8% et concentre désormais 54,8% de l’activité Dommages, contre 48,3% un an plus tôt.

Le chiffre d’affaires de la branche atteint 25,2 milliards de dinars au 31 mars 2026, contre 22,5 milliards à la même date en 2025. Une production additionnelle de 2,7 milliards de dinars qui compense, à elle seule, une bonne partie du repli enregistré par l’IRD (incendie, risques divers), en baisse de 16,2% sur la période.

La garantie Tous Risques, premier moteur de la hausse

Le détail des sous-branches révèle où se concentre la dynamique. Les Risques non obligatoires, qui rassemblent les garanties facultatives souscrites en complément de la responsabilité civile, pèsent 80,1% de la production automobile et progressent de 12,7%, pour un chiffre d’affaires de 20,2 milliards de dinars.

À l’intérieur de ce compartiment, la garantie Tous Risques s’impose comme le principal contributeur. Elle représente à elle seule 37% de la production de la branche, affiche une hausse de 13,1% et génère 1,1 milliard de dinars de primes additionnelles. Le nombre de souscriptions progresse dans les mêmes proportions, signe que la croissance ne tient pas uniquement à un effet prix.

Les garanties Dommages-Collision, Vol-incendie et Assistance, qui occupent respectivement 13,4%, 11,7% et 6,4% du marché de la branche, ajoutent 852,8 millions de dinars de primes cumulées. Les sous-branches Bris de glace et Actes de terrorisme et de sabotage, plus marginales avec 4,7% et 0,6% de parts, progressent néanmoins de 12% et 33,8%, pour un gain combiné de 166,2 millions de dinars.

Les Risques obligatoires, c’est-à-dire la responsabilité civile imposée par la loi, suivent le mouvement avec une hausse de 395 millions de dinars, soit 8,6%, portée par la progression du nombre de contrats de 6,6%.

Le retour des véhicules importés, facteur déclencheur

Le CNA identifie plusieurs moteurs convergents derrière cette progression. La reprise des importations de véhicules neufs de moins de trois ans a généré, selon la note, un afflux notable de nouvelles souscriptions sur le segment des particuliers. L’extension du réseau de distribution des sociétés d’assurances et l’enregistrement de nouvelles polices complètent ce tableau.

Le segment Flotte, qui couvre les parcs automobiles des entreprises, contribue également à la progression, grâce à la concrétisation de nouvelles affaires et au renouvellement des portefeuilles existants. Sur le plan tarifaire, certains opérateurs ont enrichi les garanties facultatives proposées à leurs assurés, ce qui a mécaniquement relevé les primes unitaires, indépendamment de la seule croissance du nombre de contrats. La hausse du nombre de contrats Tous Risques s’inscrit, par ailleurs, dans un marché où les prix des voitures d’occasion restent élevés, incitant une partie des nouveaux acquéreurs à mieux couvrir des véhicules dont la valeur de revente demeure soutenue.

Une branche qui absorbe le repli de l’IRD

La performance de l’automobile prend tout son relief comparée à celle de l’IRD, qui recule de 16,2% sur la même période, soit une perte de 3,4 milliards de dinars. Le CNA évoque, pour expliquer ce contraste, un effet de ciseau entre le repli marqué de l’IRD et du Transport d’une part, et la dynamique favorable de l’Automobile, du Crédit et de l’Agricole d’autre part.

L’IRD avait en effet bénéficié, au premier trimestre 2025, d’un niveau d’activité exceptionnel lié à la souscription de plusieurs contrats Engineering majeurs, notamment en assurance Tous risques montage. L’absence d’équivalent en 2026 explique mécaniquement une grande partie du tassement observé sur cette branche, sans qu’il s’agisse nécessairement d’un signal de ralentissement de l’investissement industriel.

Une sinistralité qui suit la même trajectoire

Conséquence logique de la hausse des primes et de l’élargissement du parc assuré, les indemnisations versées au titre de l’automobile progressent de 9,5% sur un an, pour atteindre 11,1 milliards de dinars. La branche représente désormais 72,2% des règlements opérés par l’ensemble des sociétés d’Assurances de Dommages.

Le stock des sinistres à payer en automobile s’élève, au 31 mars 2026, à 48,2 milliards de dinars, en hausse de 2,8% sur un an, conséquence selon le CNA de l’augmentation du coût moyen de certaines garanties. La branche affiche, par ailleurs, le taux de règlement le plus élevé de l’ensemble des Assurances de Dommages, à 19,2%, loin devant l’IRD, qui plafonne à 5%.

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