Baladna Algérie signe ses premiers contrats avec des opérateurs américains

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Le groupe qatari Baladna a signé ses premiers accords avec des opérateurs américains pour le complexe laitier d’Adrar (DR)

Le groupe qatari Baladna a signé ses premiers accords avec des opérateurs américains pour le complexe laitier d’Adrar, « l’un des plus grands projets agricoles du continent. »

Lundi, l’ambassade américaine à Alger a rendu public un communiqué détaillant une double opération conduite quatre jours plus tôt. Le 23 avril, le chargé d’affaires Mark Schapiro était d’abord à Adrar, aux côtés des équipes de Valmont Industries, pour une visite de terrain sur le chantier du complexe laitier.

Le même jour, à Alger, des accords étaient signés avec Baladna portant sur la fourniture de bovins américains, les systèmes d’irrigation et la formation.

Du Qatar à Adrar

Baladna est une entreprise qatarie née dans l’urgence. Fondée en 2017 au moment du blocus imposé par ses voisins du Golfe, elle s’était construite sur l’importation en masse de vaches Holstein depuis l’Europe et l’Australie pour assurer l’autonomie laitière du Qatar. Le pari avait fonctionné. Aujourd’hui, le groupe cherche à exporter ce modèle.

L’Algérie est son terrain d’expansion. Le projet en cours dans la wilaya d’Adrar porte sur une capacité de production laitière que les parties n’ont pas encore chiffrée publiquement, mais que l’ambassade américaine qualifie, dans ses deux communiqués, de «l’un des plus grands projets agricoles d’Afrique».

Valmont comme colonne vertébrale

La présence de Valmont Industries dans le dispositif précise la nature de l’engagement américain. Ce groupe de Lincoln, Nebraska, coté au NYSE avec un chiffre d’affaires de 3,9 milliards de dollars en 2024, fabrique les pivots d’irrigation utilisés dans les grandes fermes sahariennes. Son intégration au projet va au-delà de la fourniture d’équipements : l’ambassade évoque des programmes de formation et un suivi de chaque phase par ses équipes sur place. La première phase prévoit la création de 700 pivots d’irrigation pour la culture fourragère, l’établissement de deux fermes d’élevage bovin et la construction d’une usine de production de lait en poudre.

Ce type de montage, associant cheptel américain, infrastructure hydraulique et appui technique, n’avait pas encore de précédent formalisé en Algérie.

Une facture laitière à 800 millions de dollars

L’Algérie importe actuellement pour quelque 800 millions de dollars de produits laitiers chaque année, selon les données du département américain de l’Agriculture (USDA). Le complexe d’Adrar est dimensionné pour en couvrir la moitié. Le pays reste fortement dépendant des importations de lait, à hauteur de 60 à 80 % selon les estimations officielles. En 2024, la poudre de lait importée provenait principalement de Nouvelle-Zélande (67 %), du Mercosur (22 %) et de l’Union européenne (10 %).

L’État a multiplié les incitations pour attirer des investisseurs dans l’élevage bovin au Sud, sans parvenir à structurer une filière industrielle à la hauteur des ambitions affichées. Baladna et ses partenaires américains arrivent dans cet espace.

Washington sort du périmètre habituel

Pour l’ambassade américaine, ces deux accords représentent une sortie du périmètre économique traditionnel de la relation bilatérale, jusqu’ici centré sur les hydrocarbures côté algérien et les céréales côté américain. Aucun cadre de coopération technologique agricole n’avait été formalisé entre les deux pays avant cette semaine.

La séquence s’inscrit dans un mouvement observable depuis 2022 : Washington multiplie les implantations économiques en Afrique du Nord pour ne pas laisser le terrain exclusivement à Pékin, très présent dans les infrastructures et l’agro-industrie maghrébines.

Mark Schapiro, qui assure l’intérim à Alger depuis plusieurs mois en l’absence d’un ambassadeur nommé, a choisi de rendre la démarche visible. Les équipes de l’ambassade resteront, selon le communiqué du 27 avril, engagées « sur le terrain et en coordination continue » jusqu’à la livraison du projet. Christopher Landau, numéro deux du département d’État, était lui aussi attendu à Alger le même jour pour une visite centrée sur les partenariats commerciaux.

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