Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Ibrahim Merad, de retour à ce portefeuille depuis une semaine, a présenté samedi 24 octobre, devant la commission des finances et du budget de l’APN, le budget de son département pour 2027. Selon son intervention, il s’élève à 1 557,4 Md DA en crédits de paiement et à 1 562,5 Md DA en autorisations d’engagement. Le programme de soutien aux collectivités locales en reçoit 675,6 Md DA, soit 43,4 % du total.
La plus grande partie de ce programme ne finance pas d’équipements. Devant les députés, Ibrahim Merad a indiqué que 524 Md DA, soit 77,6 % du programme, couvrent les missions confiées aux communes, avec 5 Md DA de plus qu’en 2026. Dans le détail, 180 Md DA servent à couvrir les augmentations de salaires des agents des collectivités. Les dispositifs d’insertion professionnelle et les contrats aidés, transformés en postes permanents, absorbent 158 Md DA. Le fonctionnement des 17 348 cantines scolaires coûte 62 Md DA.
Le ministre a aussi prévu 60 Md DA pour compenser la perte de recettes due à la suppression de la taxe sur l’activité professionnelle et au passage au paiement forfaitaire. L’entretien et le gardiennage de 21 178 écoles primaires représentent 40 Md DA. Il reste 20 Md DA pour la solidarité de Ramadan et 4 Md DA pour les salaires de la garde communale.
Les 150 Md DA restants, soit 22,2 % du programme, sont réservés aux projets de proximité et d’urgence. Le ministre a cité l’eau potable, l’assainissement, le raccordement à l’électricité et au gaz, le désenclavement, la voirie communale, les écoles et les équipements sportifs et de santé.
Des recettes en hausse, une taxe qui ne rentre pas
D’après l’intervention du ministre, les recettes fiscales revenant aux collectivités sont estimées à 646,23 Md DA en 2027, contre 608,14 Md DA en 2026. Cela fait 38,09 Md DA de plus, soit 6,3 %. Le projet de loi de finances étend la taxe de séjour aux établissements hôteliers et aux résidences non classées. Plus de 600 établissements entreraient ainsi dans l’assiette, et le produit de la taxe augmenterait de 20 %, a précisé Ibrahim Merad.
Le ministre a également évoqué la taxe sanitaire sur les viandes, que le texte vise à mieux recouvrer. Elle aurait rapporté 91 000 DA en 2024, soit 0,05 % des recettes fiscales communales, et n’aurait été perçue que dans 66 communes. Enfin, les investisseurs qui ont reçu des biens privés communaux avant la loi 23-17 du 15 novembre 2023 pourront convertir leur concession en cession.
Le projet de loi de finances élargit aussi le rôle du wali, qui pourra superviser tout programme spécial décidé en Conseil des ministres, et non plus seulement les programmes complémentaires de développement. Ibrahim Merad a rappelé que les élections locales sont fixées au 28 novembre 2026 et a souhaité que les futurs élus jouent un rôle actif dans la définition des priorités locales. Il a averti que la simple ouverture de crédits ne suffit pas à produire du développement : il faut, a-t-il dit, une planification réaliste, un suivi continu des projets et une responsabilité clairement assumée.
Les dépenses de personnel
Selon le ministre, les dépenses de personnel de son département s’élèvent à 674,9 Md DA, soit 43,2 % des autorisations d’engagement. La Sûreté nationale en absorbe 519,8 Md DA, soit 77 % de cette masse. La Protection civile en reçoit 84 Md DA, dont 2 000 agents issus de la formation 2026, ainsi que des promotions. L’administration générale compte pour 62,6 Md DA et les transmissions nationales pour 8,47 Md DA.
Selon l’exposé d’Ibrahim Merad, les salaires des agents communaux, eux, passent par le programme des collectivités locales, où les 180 Md DA de hausses et les 158 Md DA de contrats transformés en postes permanents représentent, à eux seuls, 338 Md DA, soit la moitié du programme.



