Crédit aux ménages : pour Omar Berkouk, le vrai concurrent des banques, c’est l’État

L'économiste Omar Berkouk oppose au diagnostic de FINABI Conseil sur le crédit aux ménages un autre constat, celui d'un Trésor public qui capte l'essentiel des ressources bancaires disponibles et laisse aux banques peu de marge pour financer les particuliers aux conditions normales du marché.

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Le crédit à la consommation algérien reste concentré sur les biens produits ou assemblés localement (Illustration)

L’économiste et consultant financier indépendant Omar Berkouk, habitué des colonnes de Maghreb Émergent, a réagi en commentaire à l’article que le site a consacré à la note de la Banque d’Algérie du 10 août sommant les établissements bancaires d’élargir l’accès des ménages au crédit à la consommation. Pour lui, la vraie contrainte ne vient pas d’une réticence des banques à prêter aux particuliers, mais du poids que le financement de l’impasse budgétaire de l’État fait peser sur leurs bilans. Une fois cette pression desserrée, les établissements retrouveraient, selon lui, une activité de financement de l’économie à des conditions de marché normales, tant pour les ménages que pour les entreprises. Il résume l’argument en une formule, celle d’un Trésor devenu « le concurrent des ménages et des entreprises » sur le marché du crédit bancaire.

Un effet d’éviction déjà documenté

L’argument prolonge une thèse que l’économiste développait déjà quelques jours plus tôt à propos du déficit budgétaire algérien, où il pointait un risque de financement monétaire croissant de l’État et un effet d’éviction susceptible de peser sur le crédit à l’économie, les banques commerciales souscrivant en majorité aux titres publics émis par le Trésor avant de les mobiliser auprès de la Banque d’Algérie pour reconstituer leur liquidité. Le même mécanisme, selon Berkouk, s’étend aux entreprises publiques économiques, elles aussi consommatrices de ressources bancaires garanties par l’État, ce qui referme le cercle des débiteurs prioritaires auquel se heurtent, dans sa lecture, les ménages et les PME privées désireuses d’emprunter.

Le constat rejoint une géométrie que l’économiste avait déjà dessinée à propos du tour de vis imposé aux importateurs algériens depuis 2021, un dispositif qu’il analysait comme une forme de rationnement du crédit passant par la contrainte de bilan plutôt que par une décision commerciale des banques. Dans les deux cas, le diagnostic de Berkouk déplace la question hors du seul comportement des établissements bancaires, vers l’architecture même du financement de l’État.

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