Dans une note adressée ce lundi 10 août à l’ensemble du réseau bancaire, l’institution demande aux banques et établissements financiers de développer davantage leurs offres de crédits à la consommation, tout en veillant à faciliter l’accès à ces produits et à les adapter aux besoins réels de la clientèle.
La Banque d’Algérie insiste également sur le traitement des dossiers de demande, qui doit gagner en rapidité et en rigueur, notamment par le recours accru aux canaux de distribution numériques.
Le financement visé reste circonscrit à un périmètre précis. La note rappelle que ce type de crédit est destiné exclusivement à l’acquisition de biens produits ou assemblés en Algérie, une restriction déjà en vigueur depuis le rétablissement du dispositif en 2015 et confirmée lors de sa réintégration dans la liste officielle des produits bancaires en mai 2026, qui n’en précisait alors ni le plafond ni les conditions d’octroi.
Un marché du crédit aux particuliers encore marginal
Le rappel à l’ordre de la Banque d’Algérie intervient dans un contexte de sous-bancarisation persistante des ménages. Seuls 1,09 million d’individus disposaient d’un crédit actif à fin 2024, pour une population estimée à 7,97 millions de ménages, soit 86 % des foyers algériens vivant hors de tout recours au financement bancaire, un déséquilibre déjà relevé sur la base du diagnostic de l’organisme Finabi sur l’exclusion bancaire des entreprises et des ménages.
La faible diffusion du crédit à la consommation ne tient pas à l’absence d’offre commerciale. Plusieurs établissements ont multiplié les initiatives ces derniers mois, à l’image de la BDL, qui a ouvert ses produits de crédit aux retraités avec un engagement de traitement des dossiers sous trois jours, ou de la Banque Al Baraka, qui a abaissé son seuil d’accès à 20 000 dinars de salaire mensuel pour financer l’achat d’électroménager et de motos.
La contrainte tient davantage au coût du crédit une fois affiché : la BNA facture ses crédits à la consommation au-delà de 8 %, le CPA pratique des grilles similaires, très au-dessus du taux directeur de 2,75 % fixé par la Banque d’Algérie fin août 2025, un écart de transmission de la politique monétaire vers les particuliers déjà mis au jour au lendemain de cette baisse du taux directeur.
L’écart entre le taux affiché et le coût réellement supporté par l’emprunteur, une fois intégrés les frais de dossier et les primes d’assurance obligatoires, avait déjà fait l’objet d’une enquête sur le Taux Effectif Global pratiqué en Algérie.
Ce que la note impose aux banques
La Banque d’Algérie ne se limite pas à une invitation générale. Elle liste trois obligations concrètes adressées aux banques et établissements financiers : mobiliser les moyens nécessaires pour améliorer l’accès des clients à ce type de financement, garantir la fluidité et la célérité du traitement des demandes, et généraliser le recours aux canaux numériques de distribution.
Côté échéances, l’institution d’émission impose aux banques et établissements financiers de prendre sans délai les dispositions nécessaires à l’application des termes de cette note, avec une vigilance particulière à sa mise en œuvre effective au niveau de l’ensemble de leurs agences.


