Filière ovine en Algérie : trois facteurs expliquent le recul de l’activité, selon un économiste

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La filière ovine en Algérie traverse une phase de repli marquée depuis plusieurs années. Cette tendance s’explique par des facteurs structurels profonds. Selon Sahali Nourdine, économiste à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, trois causes majeures sont à l’origine de cette régression. Invité sur les ondes de la Radio Tizi Ouzou, il a détaillé les causes de la baisse continue du nombre de têtes ovines dans le pays.

Trois facteurs expliquent le déclin

D’abord, cette diminution a poussé les pouvoirs publics à recourir à l’importation. L’Algérie a ainsi augmenté ses achats d’ovins vivants et de viande ovine afin d’équilibrer le marché local et de contenir la hausse des prix. Toutefois, cette solution reste conjoncturelle. Elle ne traite pas les causes profondes du recul de la filière ovine.

Le premier facteur avancé concerne les aléas climatiques. En effet, l’Algérie figure parmi les pays fortement touchés par les sécheresses à répétition. Ce phénomène affecte directement les ressources fourragères. Par conséquent, les éleveurs subissent une hausse des coûts d’alimentation du bétail. Dans ce contexte, beaucoup d’entre eux sont contraints de réduire la taille de leur cheptel. D’autres vont encore plus loin en abandonnant totalement l’activité, devenue non rentable. Ainsi, le dérèglement climatique fragilise durablement la filière ovine.

Ensuite, le deuxième facteur est lié à l’exode rural. Le mode de vie urbain gagne progressivement du terrain. Les campagnes et les villages se vident au profit des villes. Cette mutation démographique entraîne une baisse du nombre d’éleveurs. Moins de main-d’œuvre signifie aussi moins d’activité dans la filière ovine. De plus, les jeunes générations montrent moins d’intérêt pour l’élevage traditionnel. Ce désintérêt accentue davantage le déclin du secteur.

Par ailleurs, le troisième facteur concerne la conversion agricole. Depuis le début des années 2000, une partie des éleveurs a changé d’activité. Beaucoup ont délaissé l’élevage ovine pour se tourner vers l’agriculture, jugée plus rentable. Cette transformation s’est traduite par une expansion notable des surfaces agricoles. En vingt ans, les superficies dédiées aux arbres fruitiers ont doublé. Elles sont passées de 500 000 hectares à près d’un million d’hectares. Par conséquent, la filière ovine a perdu environ 500 000 hectares de pâturages. Cette réduction des espaces de pâture limite fortement le développement du cheptel.

Ainsi, ces trois facteurs combinés — climat, exode rural et conversion agricole — expliquent la baisse significative de l’activité ovine en Algérie. Ils mettent en évidence les défis structurels auxquels le secteur est confronté.

Des propositions de sortie de crise

Face à cette situation, Sahali Nourdine propose plusieurs pistes de relance. D’abord, il recommande le regroupement des éleveurs en coopératives. Cette organisation permettrait une meilleure gestion des ressources et une mutualisation des moyens. Ensuite, il préconise le passage à un élevage intensif. Ce modèle vise à améliorer la productivité tout en optimisant les coûts. Enfin, l’économiste insiste sur l’importance de l’adoption des techniques modernes. L’innovation dans l’alimentation, la reproduction et la gestion des troupeaux pourrait renforcer la compétitivité de la filière ovine.

La relance de la filière ovine en Algérie passe par une transformation en profondeur. Sans réformes structurelles, la dépendance aux importations risque de s’accentuer. À l’inverse, une modernisation réussie pourrait redonner à ce secteur stratégique toute sa place dans l’économie nationale.

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